Coup de rabot au Washington Post. Le média, propriété du milliardaire Jeff Bezos, a commencé à procéder ce mercredi 4 février à un vaste plan de licenciements au sein de sa rédaction, alors que le prestigieux journal américain est en difficulté depuis plusieurs années. Le nombre total de postes supprimés n’est pas connu dans l’immédiat.
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De nombreux reporters, notamment à l’étranger, avaient écrit ces derniers jours à Jeff Bezos – qui s’est récemment rapproché du président Donald Trump – pour lui demander de s’y opposer, visiblement sans succès. «Toute l’équipe» qui couvre le Moyen-Orient, ainsi que «la plupart» des correspondants dans le monde, vont perdre leur emploi, signale l’AFP, tandis que plusieurs médias rapportent que le service des sports et les pages locales sont également particulièrement touchés.
Une situation dénoncée par le syndicat du journal, le Post Guild, dans un communiqué : «On ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir.» «Au cours des trois dernières années seulement, les effectifs du Post ont [déjà] diminué d’environ 400 personnes», a-t-il ajouté, disant «s’opposer vigoureusement à toute nouvelle réduction d’effectifs».
La main de Jeff Bezos
Le quotidien, qui a à son actif la révélation du scandale du Watergate et de multiples prix Pulitzer, est en crise depuis plusieurs années. Durant le premier mandat de Donald Trump, le journal s’était plutôt bien porté grâce à sa couverture des événements, jugée sans concession. Mais quand le milliardaire républicain avait quitté la Maison Blanche, l’intérêt des lecteurs s’était émoussé et les résultats avaient commencé à dégringoler. A tel point que le journal perd de l’argent depuis plusieurs années, selon la presse.
Join us Thursday for a rally to #SaveThePost!! The rally will run from noon to 1 p.m. Thursday at 1301 K St. NW!! Bring friends! Bring gloves! Bring a love of journalism!
— Washington Post Guild (@postguild.bsky.social) 2 février 2026 à 23:47
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A l’automne 2024, le Washington Post n’avait pas publié d’éditorial pour soutenir Kamala Harris dans l’élection présidentielle face à Donald Trump, alors qu’il avait soutenu les candidats démocrates aux présidentielles de 2008, 2012, 2016 et 2020. Un non soutien qui, selon plusieurs médias, avait provoqué une hémorragie d’abonnés, déçus par ce nouveau positionnement.
Et pour cause : beaucoup y ont vu la main de Jeff Bezos, qui, trois mois plus tard, s’est affiché au premier rang de la cérémonie d’intronisation de Donald Trump. Ses entreprises ont d’importants contrats avec l’Etat fédéral, du stockage de données à l’espace.
Une vaste réorganisation de la rédaction lancée en 2024 avec l’arrivée d’une nouvelle direction avait déjà secoué en interne, et de nombreux journalistes étaient partis travailler pour la concurrence.




