En résumé :
- En pleine crise transatlantique, Donald Trump a pris la parole ce mercredi après-midi au Forum économique mondial, dans la station suisse de Davos, où il a répété son envie d’obtenir la «pleine propriété» du Groenland, mais, a-t-il assuré, sans avoir recours à la force.
- Dans la soirée, il a annoncé avoir «posé les bases d’un accord» sur le Groenland sans en donner les contours. Dès lors, il est revenu sur ses menaces tonitruantes à l’égard des Européens, déclarant renoncer à l’entrée en vigueur de droits de douane au 1er février.
- Pas de quoi rassurer le territoire autonome danois, qui se prépare à toutes les éventualités. Le gouvernement groenlandais a présenté une nouvelle brochure fournissant des conseils à la population en cas de «crise», afin d’être autonomes pendant cinq jours.
- Retrouvez notre live d’hier ici.
Le Danemark évoque des «messages positifs» de Trump
Donald Trump a émis des «messages positifs» en suspendant ses menaces de taxes douanières et en renonçant à une attaque militaire, a dit mercredi soir le ministre danois des Affaires étrangères, sans vouloir se prononcer sur le projet d’accord annoncé par le président américain.
«Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit “je ne vais pas attaquer le Groenland”, ce sont des messages positifs», a déclaré Lars Løkke Rasmussen sur la télévision publique danoise DR. Donald Trump a «aussi eu une bonne conversation avec le secrétaire général de l’Otan», a-t-il ajouté, sans vouloir donner d’autre détail après l’annonce par le président américain d’un «cadre» d’accord sur le Groenland lors d’une réunion avec Mark Rutte. Le chef de l’Otan a de son côté confirmé avoir eu une «discussion très productive» avec Donald Trump.
Trump dit que Poutine a accepté son invitation à rejoindre son «Conseil de la paix»
Donald Trump a affirmé ce mercredi depuis le sommet de Davos que le président russe, Vladimir Poutine, avait «accepté» son invitation à rejoindre son «Conseil de paix», considéré comme un concurrent de l’ONU. «Il a été invité. Il a accepté», a déclaré depuis la Suisse le président américain à des journalistes, dont l’AFP. Vladimir Poutine avait annoncé quelques minutes plus tôt avoir ordonné à son ministère des Affaires étrangères d’étudier cette invitation, avant de pouvoir y répondre.
Promis, c'est «pour toujours»
Interrogé par la chaîne CNBC sur l’annonce qu’il venait de faire au sujet d’un accord sur le Groenland, Donald Trump a assuré qu’il s’agissait d’un agrément «de long terme» et destiné «à durer pour toujours». Les termes de l’accord «sont un petit peu complexes», a continué le dirigeant d’extrême droite, assurant que ceux-ci seraient explicités «bientôt».
Trump revient sur les menaces tarifaires et annonce les bases d'un accord sur le Groenland
Donald Trump va lâcher du lest. A la sortie de sa réunion à Davos avec le secrétaire général de l’alliance transatlantique Mark Rutte, mercredi 21 janvier, le président américain s’est en tout cas montré particulièrement catégorique. «Nous avons posé le cadre d’un accord à venir, dans le respect du Groenland.» Changement de cap, également, à l’égard des Européens : «Sur cette base, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février.» Le président américain a annoncé de nouvelles annonces qui suivront d’autres discussions, auxquelles participeront JD Vance, Marco Rubio, Steve Witkoff.
L'appel au boycott de la Coupe du monde prend de l'épaisseur
«Il serait temps que les gens réagissent.» Huit ans après avoir voyagé en Russie, quatre ans après avoir honoré le Qatar, il y a peu de chance que les dérives autoritaires et impérialistes de Donald Trump émeuvent la Fifa au point d’annuler la Coupe du monde prévue aux Etats-Unis, en co-organisation avec le Mexique et le Canada. Cela n’empêche pas des appels au boycott de frémir, ici et là, du député Éric Coquerel à la moitié de la population allemande jusqu’au multisélectionneur français Claude Le Roy. Notre article
Trump II en douze unes : un an en enfer
«Ressenti un siècle», «Peine Capitole», «L’agent du chaos»… en un an, Donald Trump a donné beaucoup de travail à la rédaction et à la direction artistique de Libération. Illustration avec douze unes consacrées à l’autoritaire président américain.
«Certains se demandaient si Trump n'allait pas menacer d'utiliser la force»
Le message a peut-être été un peu trop bien lu. Le ministre des Finances norvégien, et par ailleurs ancien secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a jugé «important» auprès de CNN que Trump mette de côté l’option militaire pour s’emparer du Groenland. «Jusqu’à maintenant, certains se demandaient s’il n’allait pas menacer d’utiliser la force pour s’approprier le pays.» Mais Trump n’a pas tout à fait balayé l’option militaire : dans son discours et lors de sa réunion avec l’Egyptien al-Sissi, le président américain a surtout estimé que «ce ne serait pas nécessaire».
Donald Trump l'assure, l'option militaire n'est pas sur la table
Il ne faudrait pas louper le message. Donald Trump a répété, alors qu’il rencontrait le président égyptien al-Sissi en bilatéral, qu’il ne pensait pas qu’il serait nécessaire d’user de la force pour s’emparer du Groenland : «Nous verrons ce qui arrivera. L’option militaire n’est pas sur la table. Je ne pense pas que ce sera nécessaire. Vraiment pas. Je pense que les gens feront preuve d’un meilleur jugement, du meilleur jugement, et je ne pense pas que ce sera nécessaire.» En l’état, aucun des Etats directement ou indirectement concernés ne cède pourtant d’un pouce en direction des obsessions du républicain, à son grand désarroi.
Son interlocuteur assurant que «sans le président Trump, il n’y aurait pas eu d’accord sur Gaza», le dirigeant milliardaire a dit «apprécier ce qu’il dit, parce que c’est vrai» et menacé une fois de plus le Hamas : «Ils seront balayés s’ils ne se débarrassent pas de leurs armes.»
«Le problème ne s'est pas envolé», remarque le chef de la diplomatie danoise
Dans un échange avec la presse à Davos, le ministre des Affaires étrangères danois a réagi à la logorrhée du président américain et notamment ses sorties sur le Groenland : «Ce qui est clair après ce discours, c’est que l’ambition du président américain est intacte.» Forcé de voir le verre à moitié plein, il a quand même jugé «positif» de s’entendre dire que l’option militaire était écartée, «mais ça ne fait pas s’envoler le problème. Le défi est toujours présent.»
Face aux Etats-Unis, le contre-récit de la Chine
Désarçonnée par l’opération américaine au Venezuela et les pressions sur le Groenland et l’Iran, la Chine se repositionne devant l’hystérie du patron de la Maison Blanche. Pékin, qui s’est proposée pour accueillir le secrétariat du traité sur la haute mer, s’affiche en défenseuse du multilatéralisme et de la stabilité de l’ordre mondial tout en faisant le contraire à Taiwan.
Le Groenland publie des consignes à la population, en cas de «crise»
Le gouvernement groenlandais a présenté ce mercredi une nouvelle brochure fournissant des conseils à la population en cas de «crise» sur le territoire convoité de manière pressante par Donald Trump. Ce document est «une police d’assurance», a déclaré le ministre de l’Autosuffisance, Peter Borg, lors d’une conférence de presse à Nuuk, la capitale groenlandaise. «On ne s’attend pas à ce qu’il faille y recourir», a-t-il souligné.
L'ambition de Trump sur le Groenland «reste intacte», estime le Danemark
Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a estimé mercredi que la volonté de Donald Trump de s’emparer du Groenland restait «intacte», mais a salué ses déclarations sur l’absence de recours à la force pour y parvenir. «C’est bien sûr positif, pris isolément, qu’il soit dit que «nous n’allons pas recourir à la force militaire», il faut bien sûr en tenir compte, mais cela ne fait pas disparaître le problème», a ajouté le ministre.
Trump dit que c'est finalement jeudi qu'il rencontrera Zelensky à Davos
La gestion de planning est aussi erratique que le discours : Donald Trump croit finalement savoir que c’est jeudi, et non pas ce mercredi, qu’il a prévu de rencontrer Volodymyr Zelensky. «Je crois que c’est demain», a lancé le président américain à un journaliste qui lui demandait de préciser la date de cette entrevue, après le démenti de Kyiv selon qui le président ukrainien ne se trouvait pas à Davos mais en Ukraine.
Le pape invité au Conseil de la paix de Trump, selon le Vatican
Le pape Léon XIV a été invité à rejoindre le Conseil de la paix voulu par le président américain Donald Trump, a déclaré mercredi le secrétaire d’Etat du Vatican, selon les médias italiens. «Nous aussi nous avons reçu cette invitation, et le pape l’a reçue et nous réfléchissons sur ce qu’on doit faire. Nous sommes en train d’approfondir et je pense que c’est une question qui demande du temps pour réfléchir et donner une réponse», a déclaré à des journalistes le cardinal Pietro Parolin, numéro deux du Vatican.
En plein discours de Trump, le chef de l'ONU s'en prend aux dirigeants «qui bafouent le droit international»
Alors que Donald Trump était en train de parler de ses visées sur le Groenland ce mercredi à Davos, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé sans le citer le président américain sur le réseau social X. «Lorsque des dirigeants bafouent le droit international, choisissant les règles qu’ils respectent et celles qu’ils ignorent, ils sapent l’ordre mondial et instaurent un précédent dangereux, a estimé le patron de l’ONU. Lorsqu’une poignée d’individus peut façonner les récits mondiaux, influencer des élections ou dicter les termes du débat public, nous sommes confrontés à des inégalités, ainsi qu’à la corruption des institutions et de nos valeurs communes.»
Zelensky est «à Kyiv», pas à Davos comme l'a suggéré Donald Trump
Raté. Volodymyr Zelensky se trouve mercredi après-midi à Kiev, a déclaré à des journalistes la présidence ukrainienne, peu après que son homologue américain Donald Trump a annoncé de Davos que les deux hommes devaient se rencontrer dans la journée. Dans son discours au Forum économique mondial, le président américain avait évoqué la guerre en Ukraine et annoncé qu’il s’apprêtait à rencontrer le président ukrainien, «peut-être dans la salle en ce moment».
Donald Trump confond-il l'Islande et le Groenland ou veut-il annexer les deux ?
Mais que se passe-t-il en Islande ? Alors qu’on ressort lessivée de la prise de parole sans queue ni tête de Donald Trump, un passage nous revient en tête : «Le problème avec l’Otan c’est qu’on sera là derrière eux à 100 % mais je ne suis pas sûr que l’inverse sera vrai. On les appelle en disant qu’on est attaqués, je ne suis pas sûr qu’ils répondraient. Avec tout l’argent qu’on a dépensé, tout ce sang et ces larmes. Ils ne sont pas là pour nous sur l’Islande.» Simple bourde du président américain qui aurait confondu l’Islande et le Groenland ? Le lapsus ravive en tout cas le souvenir de la blague de Billy Long, proche de Donald Trump proposé comme ambassadeur américain en Islande, qui a affirmé que l’Islande deviendrait le 52e Etat américain et qu’il en serait le gouverneur. Sous-entendu, que le Groenland était le 51e. On n’est pas sortis de l’auberge.
Malgré la réduction des droits de douane sur les importations suisses, Trump agite la menace d'une nouvelle augmentation
Après avoir moqué les Suisses, imitant une femme politique geignarde qui aurait tenté de le supplier de renoncer à sa hausse des droits de douane, de la même manière qu’il l’avait fait avec Emmanuel Macron, le président américain a maintenu sa menace. Donald Trump a déclaré mercredi que même s’il avait réduit des droits de douane américains sur les importations en provenance de Suisse sous la pression d’entreprises suisses, dont Rolex, ces derniers pouvaient encore augmenter. «Je les ai réduits parce que je ne veux pas nuire aux gens. Je ne veux pas leur faire de mal. Nous les avons ramenés à un niveau plus bas, mais cela ne signifie pas qu’ils ne remonteront pas», a déclaré Trump au cours de son (très très) long discours.
Trump juge que c'est à l'Europe et à l'Otan de s'occuper de l'Ukraine, «pas à nous»
Donald Trump a jugé que c’était à l’Otan et à l’Europe «de s’occuper de l’Ukraine», et pas aux Etats-Unis. «Qu’est-ce que les Etats-Unis retirent de tout ce travail, de tout cet argent, autre que mort, destruction et des sommes d’argent colossales qui vont vers des gens qui n’apprécient pas ce que nous faisons ? Ils n’apprécient pas ce qu’on fait, je parle de l’Otan, je parle de l’Europe. C’est à eux de s’occuper de l’Ukraine, pas à nous. Les Etats-Unis sont très loin, un grand et bel océan nous sépare. Nous n’avons rien à voir avec ça», a affirmé le président américain.
Donald Trump revient (encore) sur le prix des médicaments pour se payer Macron
Une impression de déjà entendu. Le président américain a encore une fois refait le match de sa confrontation avec Emmanuel Macron qu’il aurait forcé à augmenter le prix des médicaments en France contre la menace de droits de douane supplémentaires. Pendant de longues minutes, il s’est payé la tête de son homologue français, croisé à Davos «avec ses magnifiques lunettes de soleil». «Je l’ai regardé, il jouait au dur», a-t-il ricané.



