













Dans l'œil de LibéLes mesures anti-immigration du gouvernement états-unien sont au cœur du débat depuis qu’une activiste a été abattue par un agent de l’ICE mercredi 7 janvier. Depuis juin, Nicolò Filippo Rosso documente les arrestations quotidiennes dans les tribunaux de Manhattan, laissant des familles déchirées.
EN IMAGES - «Au nom de la loi», au cœur de la politique migratoire de Trump
publié le 10 janvier 2026 à 11h39
A l'intérieur du 26 Federal Plaza, tribunal qui traite des questions d'immigration à Manhattan, les agents d'ICE arrêtent Luis dans le couloir. Ses trois enfants, âgés de 7 ans, 13 ans et 15 ans, s'accrochent à lui alors que les agents s'approchent pour le placer en détention. Aucune information n'a été fournie à sa mère, Cocha, concernant le motif de la détention ou sa destination.
Nicolò Filippo RossoLes agents de l'ICE arrêtent un homme dans le couloir du tribunal au 26 Federal Plaza immédiatement après son audience. Mi-décembre, l'ICE détenait plus de 68 400 personnes, dépassant ainsi le précédent record établi début décembre.
Nicolò Filippo RossoDes portraits du président, Donald Trump, et du vice-président, J. D. Vance, sont affichés dans les couloirs du tribunal du 290 Broadway à Manhattan. Près de la moitié des migrants détenus n'ont pas de casier judiciaire, un changement radical depuis la politique de Biden.
Nicolò Filippo RossoAu 26 Federal Plaza, une femme transgenre est arrêtée par des agents fédéraux alors qu'elle sort de la salle d'audience. En février 2025, l'ICE a cessé de publier des données sur les détenus transgenres, malgré une obligation légale imposée par le Congrès. Les groupes de défense des droits humains affirment que cette suppression rend les personnes les plus vulnérables invisibles, alors même qu'elles sont exposées à des risques plus élevés d'abus, de négligence médicale et d'isolement cellulaire pendant leur détention.
Nicolò Filippo RossoAu 12e étage du 26 Federal Plaza, le père Fabian (à gauche) a appelé le 911 tandis qu'un observateur judiciaire venait en aide au vidéaste L. Vural Elibol, de l'agence Anadolu, blessé après que des agents de l'ICE aient poussé des journalistes hors d'un ascenseur public afin de procéder à une arrestation sans qu'elle soit documentée. Les agents fédéraux ont ensuite averti que les photographes couvrant les arrestations risquaient d'être placés en détention.
Nicolò Filippo RossoDans la pièce au sous-sol qu'une famille salvadorienne partage désormais, Salvador et son petit frère jouent. Sur le mur, des photos de famille et de leur mère Nuvia, placée en détention il y a plus de six mois.
Nicolò Filippo RossoDes manifestants défilent dans Manhattan pour protester contre les politiques anti-immigration de Trump et les expulsions menées par l'ICE, exigeant la fin des séparations familiales et l'octroi de tous les droits aux immigrants.
Nicolò Filippo RossoUne jeune fille salvadorienne pleure pendant un appel vidéo avec sa mère, détenue depuis plus de quatre mois. Elle promet à sa mère des cadeaux et des voyages à son retour. A la demande de leur avocat, aucun nom ni autre détail permettant de les identifier n'est publié tant que la mère reste en détention.
Nicolò Filippo RossoPour les enfants séparés de leur famille, l'attente fait partie du quotidien — une pause qui s'étire sur des mois, marquée par la crainte que les retrouvailles n'aient jamais lieu. Les psychologues avertissent sur ce type de séparation prolongée, qui laisse des traces profondes.
Nicolò Filippo RossoDes agents fédéraux arrêtent un Colombien alors qu'il sortait de la salle d'audience pour aller aux toilettes. L'arrestation a eu lieu au milieu de l'audience. Bien que les agents de l'immigration disposent de larges pouvoirs, les associations de défense des libertés civiles affirment que ces détentions préalables à la décision compromettent l'équité des procédures d'expulsion.
Nicolò Filippo RossoIndira attrape son sac tandis qu'une larme coule sur sa joue à la fin d'une réunion avec un avocat à l'église St. Peter's de Manhattan. Indira et Victor (à droite) ont quitté le Venezuela, où les conditions de vie étaient insupportables, pour demander l'asile aux Etats-Unis. La demande de Victor a été acceptée, tandis qu'Indira et leurs deux filles ont reçu un ordre d'expulsion. Aucun d'entre eux n'a fait l'objet de poursuites pénales.
Nicolò Filippo RossoÀ l'intérieur de l'église St. Peter's, Alexandra Paula, originaire de Guayaquil (Equateur), tient son bébé dans ses bras avant la messe dominicale. Elle a fui son pays après que sa maison a été prise pour cible par des gangs locaux à l'aide d'explosifs, dans un contexte de violence qui s'est intensifiée à mesure que les groupes criminels se disputent le contrôle de la ville. Son compagnon a été arrêté lors d'un contrôle de routine de l'ICE au 26 Federal Plaza et transféré dans un centre en Arizona, la laissant seule pour mener à bien la procédure d'asile tout en s'occupant de leur enfant.
Nicolò Filippo RossoEva Mendoza (à gauche), originaire de l'Equateur, parle au téléphone devant le tribunal de Federal Plaza avec son fils Angel, qui a été arrêté début juin et transféré peu après dans un centre de détention pour migrants au Texas. Depuis, il l'appelle tous les jours depuis la prison. Phil Schneider (à droite) est un citoyen américain et le fiancé de Mendoza. Depuis l'arrestation de son fils, il manifeste tous les jeudis devant le tribunal, portant à chaque fois un tee-shirt différent.
Nicolò Filippo RossoÀ New York, plus de 30 % des arrestations effectuées par l'ICE entre mai et juin 2025 ont eu lieu à l'intérieur des tribunaux.
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