Bureaucratique, liberticide, anti-innovation, protectionniste, composée de pays ayant renoncé à leur souveraineté : ainsi caricaturés, l’Europe, son modèle économique, sa philosophie réglementaire et ses priorités politiques constituent un parfait souffre-douleur pour l’extrême droite Maga, de la Maison Blanche au Congrès. Avec leurs normes et leurs directives, les élites technocratiques de Bruxelles, déclinaison européenne du «marigot» de Washington honni par Donald Trump et ses supporteurs, seraient responsables de son déclin économique.
«L’Europe continentale a vu sa part du PIB mondial reculer – de 25 % en 1990 à 14 % aujourd’hui – en partie en raison de réglementations nationales et transnationales qui sapent la créativité et l’esprit d’entreprise», lit-on dans la nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine (NSS), publiée le 5 décembre, qui a mis les dirigeants européens face à la réalité d’une administration Trump ouvertement hostile à l’UE. Qu’importe que cette baisse de la part du PIB européen dans le PIB mondial soit surtout due à la montée des pays émergents, Chine en tête. L’assaut contre l’UE n’est pas seulement idéologique et politique : il est aussi économique et commercial.
«Asphyxie régulatrice»
Sur ces plans, les tensio




