Distillés au fil de l’automne 2014, les douze épisodes du podcast Serial auront accompli au moins deux prodiges à huit ans d’intervalle. Quasi instantané, le premier avait consisté à convertir massivement l’Amérique à la consommation de ce format encore émergent face à la vieille radio, initiant au passage une vague, jamais tarie depuis, de créations sérielles relevant du registre du true crime. Son deuxième fait de gloire, à combustion plus lente, aura abouti à la libération lundi d’Adnan Syed, 41 ans, dont vingt-trois à contester depuis sa cellule une condamnation à la prison à vie pour l’enlèvement et le meurtre de son ex-petite-amie, que la justice ne semble aujourd’hui plus convaincue qu’il ait commis.
Entre-temps, des dizaines de milliers d’auditeurs improvisés détectives avaient pris le relais du programme devenu un phénomène culturel international pour tenter de répondre aux questions et ramifications de pistes laissées encore indécises après les trois mois de diffusion – non sans en faire éclore et prospérer d’innombrables autres, diversement inspirées, intrusives ou délirantes, et sujettes à d’infinis débats en ligne.
In fine, plusieurs tests ADN menés ces dernières années, des irrégularités de procédure (certaines pièces à conviction susceptibles de disculper Syed que les procureurs auraient illicitement om




