La guerre à la drogue menée par l’administration Trump s’intensifie. Alors que l’US Navy a de nouveau frappé des embarcations vénézuéliennes chargées de ballots de cocaïne en mer des Caraïbes, le président américain s’est de son côté attaqué à une autre substance : le fentanyl. Donald Trump a annoncé lundi 15 décembre, un durcissement de sa bataille menée contre le narcotrafic, en désignant le fentanyl comme «arme de destruction massive». Ce puissant opioïde de synthèse, responsable de très nombreuses overdoses aux Etats-Unis, est à l’origine prescrit pour des patients en phase terminale de cancer. «Avec le décret que je vais signer aujourd’hui, nous classons formellement le fentanyl comme une arme de destruction massive, ce qu’il est, a fait savoir le président américain dans le Bureau ovale. Aucune bombe ne fait ce que (cette drogue) fait : 200 000 à 300 000 personnes meurent chaque année.»
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Si l’épidémie liée au Fentanyl aux Etats-Unis est indéniable, le président Trump a quelque peu gonflé les chiffres des morts causés par cette drogue. Selon le site des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le nombre total de décès par overdose aux Etats-Unis en 2024 était de l’ordre de 80 000, dont quelque 48 000 dus à des opioïdes de synthèse.
Ce mardi, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a estimé qu’il serait plus opportun de s’attaquer aux causes de la consommation. «Je l’ai dit au président Trump : il faut s’attaquer aux causes de la consommation, et pas seulement adopter cette vision qui consiste à cataloguer une drogue comme une arme de destruction létale», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
«Arme chimique»
Le décret signé par Donald Trump lundi précise que le fentanyl «s’apparente davantage à une arme chimique qu’à un stupéfiant», justifiant ainsi cette classification. La fabrication et la distribution de fentanyl, principalement par le biais des réseaux criminels organisés, «menacent notre sécurité nationale et alimentent l’anarchie» sur le continent américain et «à nos frontières», peut-on y lire.
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La directive préconise également la mise à jour des dispositifs interministériels et militaires de préparation, notamment l’intégration des renseignements sur les armes de destruction massive dans les opérations de lutte contre le fentanyl et la mise à jour des directives relatives aux interventions en cas d’incident chimique. L’administration Trump affirme que ces mesures visent à renforcer la coordination entre les agences fédérales pour lutter contre le trafic de fentanyl. L’ordonnance du président américain enjoint la procureure générale Pam Bondi d’engager immédiatement des enquêtes et des poursuites dans les dossiers liés au deal de l’opioïde. Le texte ordonne également aux ministères des Affaires étrangères et du Trésor de cibler les avoirs des personnes impliquées dans ce trafic.
En outre, le décret demande au secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, de déterminer si les menaces posées par le fentanyl justifient l’allocation de ressources par le ministère de la Défense. Précisant : «Deux milligrammes, une quantité infime, presque imperceptible, équivalente à 10 à 15 grains de sel de table, constituent une dose mortelle. Des centaines de milliers d’Américains sont morts d’une surdose de fentanyl.»




