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Californie : le redécoupage électoral favorable aux démocrates validé par la Cour suprême

La nouvelle carte électorale, déjà adoptée par référendum, doit permettre aux démocrates d’obtenir davantage de sièges lors des élections de mi-mandat en novembre. Une riposte à une mesure similaire des républicains au Texas.

Cette mesure est légale aux Etats-Unis, à condition qu'elle ne soit pas basé sur des critères ethniques. (Fred Greaves/REUTERS)
Publié aujourd'hui à 17h15

Dans la bataille des cartes électorales, voici la Californie. La Cour Suprême des Etats-Unis a validé mercredi 4 février au soir le redécoupage électoral dans cet Etat de l’ouest du pays. Cette mesure a été voulue par le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, en riposte à l’initiative similaire lancée par les républicains au Texas - dans le but de permettre à Donald Trump de conserver son étroite majorité conservatrice au Congrès.

Ce redécoupage californien vise à apporter cinq sièges supplémentaires à la gauche américaine à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de novembre. «Donald Trump a déclaré qu’il avait droit à cinq sièges supplémentaires au Congrès au Texas. C’est lui qui a déclenché cette guerre sur le redécoupage électoral», a souligné le gouverneur Gavin Newsom sur X, à qui la presse américaine prête de sérieuses ambitions présidentielles.

Si on rembobine les étapes de ce feuilleton électoral, la bataille du redécoupage a débuté cet été, lorsque le locataire de la Maison Blanche a fait pression sur le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, pour qu’il redessine les circonscriptions afin de grappiller des sièges républicains au Congrès (aujourd’hui composé de 271 républicains et 260 démocrates).

Dans la foulée de cette manœuvre, les législateurs californiens ont à leur tour lancé leur propre réforme de découpage. Gavin Newsom a convoqué en novembre un référendum sur une nouvelle carte, visant à effacer cinq sièges tenus actuellement par les républicains, sur une cinquantaine dans l’Etat. Quelques heures seulement après l’approbation de cette modification par les électeurs, les dirigeants du parti républicain de Californie ont intenté une action en justice.

«Gerrymandering»

Le Parti républicain californien a déposé un recours faisant valoir que «sous couvert de découpage partisan», la Californie avait «expressément utilisé le critère racial», explique le New York Times. Comprendre : selon les républicains, les nouvelles limites des districts de l’Etat favorisaient les démocrates grâce au vote hispanique qui leur serait davantage acquis.

C’est à ce moment-là que la Cour Suprême - à majorité conservatrice - intervient. En décembre, l’instance a autorisé le Texas à utiliser sa nouvelle carte électorale pour le scrutin de novembre, rejetant alors la décision d’un tribunal inférieur qui avait conclu à un découpage à caractère racial. Elle a donc rendu la même décision pour la Californie, sans que les juges ne la motivent.

Outre le Texas et la Californie, plusieurs Etats républicains et démocrates sont en train de redessiner leurs circonscriptions électorales. En décembre, les élus républicains de l’Indiana ont en revanche rejeté le redécoupage de la carte électorale de cet Etat conservateur du nord du pays, résistant ainsi aux requêtes insistantes de Donald Trump qui souhaitait éliminer deux sièges démocrates au Congrès.

Le redécoupage électoral est une pratique, connue sous le nom de «gerrymandering» légale aux Etats-Unis, à une condition : il ne doit pas reposer sur des bases raciales. Seuls les arguments politiques et partisans peuvent entrer en ligne de compte. Elle est en outre - qui prend des airs de bidouillage - une obligation constitutionnelle. Tous les dix ans, après le recensement, les Etats-Unis redessinent les limites des circonscriptions électorales fédérales et étatiques dans le but de tenir compte des évolutions démographiques. Mais à l’approche de scrutins décisifs, repenser la carte électorale devient souvent une véritable tactique politicienne.

Cette manœuvre est surnommée «gerrymandering», du nom de Elbridge Gerry, ancien gouverneur du Massachusetts accusé en 1811 d’avoir découpé une circonscription de cet Etat pour favoriser son parti. La nouvelle circonscription avait alors pris la forme d’une salamandre - salamander en anglais. Ainsi, c’est de la combinaison de Gerry et mander, que l’expression était née.

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