Ce n’était pas un lapsus. Durant une conférence de presse qui marquera sa postérité après l’enlèvement de Nicolás Maduro à Caracas, Donald Trump a bien justifié son coup de force par «la doctrine Donroe». Un subtil jeu de mots mélangeant les premières lettres de son nom à celui de James Monroe, le président américain qui, en 1823, avait affirmé la prééminence des Etats-Unis sur ses voisins du Sud et assigné l’Amérique latine en «arrière-cour» de Washington.
Au moins, la fameuse doctrine Monroe pouvait prétendre à un vernis de bonnes intentions puisqu’elle était censée bouter les vieilles puissances coloniales européennes hors de la nouvelle sphère d’influence d’une nation américaine désormais sortie du joug britannique. Mais la référence historique s’arrête là. Grisé, ivre de testostérone après le succès hollywoodien de ses commandos Delta au Venezuela, Trump glorifiait une version high-tech de la diplomatie de la canonnière, assortie d’une référence égotique à ses précédents faits d’armes contre Daech ou




