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Bilan

Etats-Unis : un an après l’élection de Donald Trump, la popularité de sa politique décline dans les sondages

Le président républicain a perdu la confiance de nombreux électeurs en raison de sa gestion de l’économie et de sa répression des migrants.

Donald Trump face à la presse à l'aéroport international de Palm Beach, en Floride, le 31 octobre 2025. (Roberto Schmidt/AFP)
Publié le 22/12/2025 à 17h42

Au bout d’un an de politique de choc et d’effroi, c’est le début de la dégringolade. De retour à la Maison Blanche depuis le 20 janvier, Donald Trump a dominé l’actualité de 2025 avec un programme politique incessant, sur le plan national et international : il a signé plus de 200 décrets, imposé les droits de douane les plus élevés depuis 1930, supprimé plus de 200 000 postes fédéraux, instauré un contrôle sans précédent de l’administration américaine sur l’éducation, les médias et la justice, drastiquement diminué l’aide humanitaire internationale… «Du jamais vu», s’est-il félicité lors de son discours de fin d’année le 17 décembre, revendiquant d’avoir effectué «plus de changements positifs que n’importe quelle autre administration dans l’histoire américaine».

Pourtant, si le président présente sa première année de mandat comme un triomphe, il la termine avec un taux d’approbation en fort déclin. Mi-décembre, 39 % des Américains – contre 47 % en janvier – se déclaraient en accord avec lui, selon le baromètre Reuters-Ipsos publié mensuellement. ​Un taux inférieur à ceux de tous les autres présidents américains modernes au même stade de leur mandat.

Echec à endiguer l’inflation

La cote de popularité du milliardaire continue de chuter, en particulier en réaction à sa politique économique qui peine à sortir les Etats-Unis de l’inflation. Là réside son plus gros point faible au sortir d’une année marquée par les droits de douane et l’augmentation du coût de la vie : selon Reuters, seulement 33 % des sondés approuvent sa gestion de l’économie.

Une situation pour laquelle Trump blâme les démocrates : il n’a fait qu’«hériter [de Joe Biden] d’une situation catastrophique», qu’il serait «en train de redresser». Pourtant, depuis janvier, l’inflation est restée élevée et s’est maintenue aux alentours de 3 % sur douze mois, soit au-dessus du seuil recommandé de 2 %.

En parallèle de sa promesse de remettre sur pied l’économie américaine, sa politique à propos de l’immigration est l’une de ses grandes batailles depuis son retour au pouvoir. Là aussi, le taux d’approbation de sa ligne politique sur le sujet est passé de 50 % en mars, avant qu’il ne lance des rafles dans plusieurs grandes villes américaines, à 41 % à la mi-décembre.

Mais rien ne semble ralentir Trump dans sa traque : il a récemment annoncé que le service de l’immigration et la police des frontières recevront 170 milliards de dollars supplémentaires jusqu’à la fin de son mandat pour embaucher des milliers d’agents, ouvrir de nouveaux centres de détention et arrêter davantage d’immigrés, y compris sur leurs lieux de travail. Il renforce ainsi son plan d’expulsion malgré les signes croissants de désapprobation.

Fractures au sein du camp républicain

En réaction, Miami, l’une des villes les plus touchées par la politique du milliardaire en raison de son important taux d’immigrés, a élu une démocrate à sa mairie, le 10 décembre, une première depuis près de trente ans. Quelques semaines plus tôt, Zohran Mamdani, candidat démocrate, gagnait les municipales à New York. Une série d’échecs significatifs pour le camp Trump alors que se rapprochent les élections de mi-mandat en novembre 2026, qui pourraient renverser la majorité républicaine au Congrès.

Le président a encore dix mois devant lui pour modifier la tendance et garder sa majorité, mais le défi sera d’autant plus difficile à relever que des premières fractures apparaissent au sein même de sa formation.

Jeudi 11 décembre, les élus républicains de l’Indiana se sont joints aux démocrates et ont largement rejeté le redécoupage de la carte électorale de leur Etat, malgré la pression et les demandes de Trump. Une humiliation notable pour le milliardaire, qui comptait sur ce redécoupage pour supprimer des sièges démocrates au Sénat, et un signe d’affaiblissement de ses soutiens dans sa propre famille politique.

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