Des tirs sur le campus de l’université Brown, l’une des plus prestigieuses aux Etats-Unis, ont fait deux morts et neuf blessés samedi, tous des étudiants, ont annoncé les autorités locales. Lors d’une conférence de presse, ce dimanche 14 décembre au matin, le maire de la ville de Providence, Brett Smiley, a déclaré qu’une personne avait été arrêtée par la police. Elle est âgée d’une trentaine d’années.
La veille au soir, l’édile avait précisé que l’auteur des coups de feu n’avait pas encore été appréhendé et que plus de 400 membres des forces de l’ordre avaient été déployés.
Sur les neuf étudiants blessés, huit l’ont été grièvement mais sont dans un état stable, a déclaré la veille l’édile de Providence, capitale du petit Etat du Rhode Island (Nord-Est). «C’est hélas un jour comme la ville de Providence et l’Etat du Rhode Island priaient pour qu’il n’arrive jamais», s’est lamenté l’élu en référence aux drames réguliers provoqués par les armes à feu à travers les Etats-Unis.
A 22 heures samedi soir, soit 4 heures du matin en France, l’ordre de rester confiné à l’intérieur de bâtiments restait en vigueur pour la zone autour de l’université. «Nous levons avec effet immédiat les mesures de confinement mise en place dans l’université Brown», a annoncé ce dimanche Brett Smiley.
La fusillade a eu lieu lors d’une séance de révision pour l’examen final d’un cours de Principes d’économie, a déclaré Christina Paxson, la présidente de l’université Brown.
«Masque de camouflage»
La police a rendu publique une vidéo où l’auteur présumé des faits sort du bâtiment, vêtu d’habits sombres. Des témoins ont rapporté qu’il portait également «un masque de camouflage gris», a précisé le chef adjoint de la police de Providence, Tim O’Hara, appelant des témoins à apporter toute information utile à l’enquête. Aucune arme n’a été pour l’instant retrouvée par les autorités.
Donald Trump a déclaré sur sa plateforme Truth Social avoir été informé de la situation, et que la police fédérale, le FBI, était sur place. Après avoir affirmé dans un premier temps que le suspect avait été arrêté, le président américain a publié un second message dans lequel il a déclaré que la police locale était revenue sur cette annonce. A son retour à la Maison Blanche après avoir assisté à un match de football américain universitaire, le président américain a déclaré : «Quelle chose terrible. Tout ce que nous pouvons faire pour le moment, c’est prier pour les victimes.»
Fléau récurrent
Avec plus d’armes à feu en circulation que d’habitants, les Etats-Unis affichent le taux de mortalité par armes à feu le plus élevé de tous les pays développés. Les tueries sont un fléau récurrent que les gouvernements successifs n’ont jusqu’à présent pas réussi à endiguer, de nombreux Américains restant très attachés au port d’arme, garanti par la Constitution. En 2024, plus de 16 000 personnes, sans compter les suicides, ont été tuées par arme à feu, selon l’ONG Gun Violence Archive.
Archives
L’histoire américaine récente est jalonnée de tueries, sans qu’aucun lieu de la vie quotidienne ne semble à l’abri, de l’entreprise à l’église, du supermarché à la discothèque, de la voie publique aux transports en commun. Parmi tous ces massacres, ceux commis en milieu scolaire ou visant des enfants marquent plus fortement la mémoire collective. En 2022, la ville d’Uvalde au Texas (Sud) avait ainsi été profondément endeuillée par une tuerie dans une école primaire, au cours de laquelle 19 élèves et deux professeurs étaient morts.




