Jamais avares de phrases chocs et de coups bas faciles, les républicains l’ont baptisée à l’unisson la «Biden Border Crisis» («crise frontalière de Biden»). Derrière ce slogan qui claque et se répand dans les bouches conservatrices et sur les écrans anxiogènes de Fox News, il y a l’afflux de dizaines de milliers de migrants, en majorité centraméricains, le long de la frontière avec le Mexique. En février, la police frontalière américaine (CBP) y a interpellé plus de 100 000 personnes (28 % de plus qu’en janvier), dont près de 10 000 mineurs non accompagnés. Publiées lundi par le site Axios, les images d’enfants entassés sur de minces matelas dans un centre de rétention engorgé du Texas ont rappelé les pires heures de l’administration Trump, et suscité le malaise jusque dans les rangs démocrates.
Pour les adversaires du nouveau président, élu sur la promesse de rompre avec les pratiques migratoires de son prédécesseur, cette recrudescence serait l’illustration de l’appel d’air créé par le laxisme sécuritaire de Biden et sa politique de «open borders» («frontières ouvertes»), autre cri de ralliement des républicains. «La frontière est fermée», s’est senti obligé de marteler dimanche le ministre de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, envoyé au front sur toutes les grandes chaînes du pays, signe de la fébrilité qui s’empare de la Maison Blanche sur ce dossier éminemment sensible. «Nous expulsons les familles, nous expulsons les adultes seuls




