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Femme, homosexuelle et racisée : à San Antonio, Gina Ortiz Jones, une maire à contre-courant des croisades identitaires texanes

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Ancienne militaire passée par le Pentagone, l’édile démocrate de la deuxième plus grande ville du Texas détonne dans un Etat solidement conservateur.

La maire de San Antonio, Gina Ortiz Jones, dans son bureau au Texas, le 1er octobre. (Brenda Bazán/Libération)
Par
Théo Quintard
Correspondance
Publié le 10/01/2026 à 15h15

Dans la lumière feutrée de son vaste bureau aux boiseries sombres, les traits de son visage s’adoucissent, laissant transparaître ses légères taches de rousseur. Avec dans son dos, le drapeau du Texas – qu’elle semble presque tenir à distance. A elle seule, la nouvelle maire de San Antonio, Gina Ortiz Jones, 44 ans, concentre tout ce que le camp Maga («Make America Great Again») exècre.

Ancienne militaire passée par le Pentagone, elle est devenue la première femme ouvertement lesbienne et d’origine philippine à avoir été élue, lors des municipales de juin 2025. En poste depuis sept mois, elle souhaite se distinguer là où l’administration Trump échoue : «Garantir des logements abordables, une éducation de qualité et des emplois bien rémunérés», dans la septième plus grande ville des Etats-Unis (1,5 million d’habitants), qui figure pourtant parmi les trois métropoles les plus pauvres du pays – connue pour son équipe de basket, moins pour son importante base militaire.

Ici, pas de petits pas de danse sur le floor, ni de siestes improvisées en pleine réunion, comme le locataire de la Maison Blanche, car «il n’y a pas de temps à perdre» : un slogan de campagne en parfaite cohérence avec son discours – et avec un agenda déjà saturé. Pas de temps à perdre non plus avec les médias : l’entretien, prévu un mois à l’avance, a été interrompu à deux reprises par des obligations impromptues, avant de s’achever, deux mois plus tard, à la hâte.

Prise de pouvoir sans ménagement

Une poignée de main franche,

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