Ils font de la bande dessinée un objet de mémoire et de résistance, de colère et de témoignage. Joe Sacco a arpenté la Palestine, la Bosnie, l’Inde, croqué les indigènes américains, le rock, la Grande guerre. Avec Maus, bouleversante œuvre multiprimée qui l’a occupé treize années de sa vie, Art Spiegelman a raconté comme personne le traumatisme de sa famille et ses parents survivants d’Auschwitz. Amis de longue date, les deux auteurs se sont retrouvés autour de Gaza pour Never again !.. And Again… And Again…, une courte BD publiée en février dernier. Ils exposent leurs planches et croquis à la galerie Martel qui organise la vente de ces œuvres au profit de l’Unicef et des enfants de Gaza.
Coiffés d’un chapeau noir devant leurs dessins, Joe Sacco et Art Spiegelman ont répondu aux questions de Libération. Sans faux-fuyants, avec ironie et gravité, pour qualifier la guerre à Gaza de «génocide», refuser l’instrumentalisation de la Shoah pour justifier les opérations israéliennes et tenter de se défaire de l’emprise de la violence sur leurs travaux.
En février dernier, vous avez publié ensemble, dans six journaux (Le 1 en France) Plus jamais ça !.. Plus jamais… Et jamais…, une mini BD sur les ravages de la guerre à Gaza. Dix mois plus tard, comment voyez-vous la situation dans le territoire palestinien ?
Joe Sacco : La situation à Gaza reste catastrophique. Il y a soi-disant un cessez-le-feu, mais de




