Que valent quelques phrases de reproche face à des décennies de soutien indéfectible ? Probablement pas grand-chose, et nul ne se risquera donc, à Washington comme à Tel-Aviv, à tirer des conclusions hâtives des propos tenus ce mardi 12 décembre par Joe Biden devant un parterre de riches donateurs démocrates. Il n’empêche. Pour la première fois depuis le 7 octobre, le président américain s’est laissé aller en public à une critique appuyée de Benyamin Nétanyahou. Un homme qu’il connaît depuis le début des années 80 et avec lequel il n’a jamais caché avoir de profonds désaccords.
En temps normal, et plus encore depuis l’assaut sanglant du Hamas, ces divergences s’expriment toutefois en privé, lors de conversations téléphoniques quasi quotidiennes entre les deux dirigeants et leur entourage diplomatico-sécuritaire. Face à la catastrophe humanitaire à Gaza et à l’absence de perspective de sortie du conflit, Joe Biden, connu pour s’exprimer à bâtons rompus lors d’événements de levée de fonds, a cette fois semblé livrer le fond de sa pensée. Les Israéliens «sont en train de perdre» le soutien international «en raison des bombard




