Un conseiller de la première administration Trump avait qualifié le concept de Henry Farrell d’«idée magnifique (1)». Le professeur de sciences politiques à l’université Johns-Hopkins a forgé, avec son coauteur Abraham Newman, une notion devenue incontournable pour lire le monde contemporain, en particulier la politique commerciale et stratégique de l’administration Trump : l’«arsenalisation des interdépendances» («weaponized interdependence»).
Leur ouvrage, The Underground Empire (l’Empire souterrain, Odile Jacob, 2024), décortique notre économie mondialisée, organisée en réseaux financiers, technologiques ou logistiques, dans laquelle les pays qui contrôlent les points de passage obligés (le dollar, les systèmes de paiement, les semi-conducteurs avancés, indispensables pour l’électronique, la défense ou pour entraîner les modèles d’IA), disposent d’un levier décisif. Voire, d’un instrument de coercition : ils peuvent ainsi surveiller, contraindre ou exclure leurs adversaires, sans recourir à la force militaire. Avec, au nexus de tous ces réseaux, les Etats-Unis




