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Riposte

Interdiction de séjour aux Etats-Unis : Imran Ahmed, un des cinq Européens visés, attaque l’administration Trump en justice

Le Britannique à la tête d’une ONG engagée pour une régulation plus stricte de la tech réside actuellement sur le sol américain.

Imran Ahmed lors d'une intervention télévisée à New York, le 2 mai 2024. (JP Yim/Getty Images AFP)
Publié le 26/12/2025 à 10h34

Une contre-attaque pour dénoncer «une arrestation anticonstitutionnelle». C’est à ce titre qu’Imran Ahmed, l’une des cinq personnalités européennes interdites de visa aux Etats-Unis, a déposé plainte mercredi 25 décembre contre l’administration de Donald Trump, écartant temporairement le risque d’être expulsé du pays où il vit. Le Britannique d’origine afghane, âgé de 47 ans, vit légalement aux Etats-Unis depuis 2021 et dispose d’une «Carte Verte» de résident permanent, précise sa plainte. Son épouse et leur fille sont américaines. Dans une déclaration transmise à l’AFP jeudi, ce dernier a assuré qu’il «ne [se] laisserait pas intimider ni détourner de l’œuvre de [sa] vie».

«Le gouvernement fédéral a clairement indiqué que M. Ahmed faisait l’objet de sanctions» pour le travail de l’ONG qu’il a fondée et dirige, le Center for Countering Digital Hate (CCDH), indique la plainte. Ce centre étudie les politiques de modération des grands médias sociaux et a dénoncé à de nombreuses reprises les pratiques de X, ex-Twitter et réseau d’Elon Musk, allié du président américain.

La plainte déposée mercredi devant un tribunal de New York stipulait qu’il faisait face à la «perspective imminente d’une arrestation anticonstitutionnelle, d’une détention punitive et d’une expulsion», ce qu’un juge a temporairement bloqué jeudi. Une première audience est prévue lundi, selon une décision de justice consultée par l’AFP.

De la «censure extraterritoriale» selon Washington

Les Etats-Unis ont sanctionné le mardi 24 décembre Imran Ahmed, trois autres représentantes d’ONG luttant contre la désinformation et les messages haineux en ligne (Clare Melford, à la tête de GDI, un index de la désinformation au Royaume-Uni, Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, de l’ONG allemande HateAid), ainsi qu’un ancien commissaire européen chargé du Numérique, le Français Thierry Breton. Les agissements de ces personnes s’apparentent à de la «censure extraterritoriale» au détriment des intérêts américains, a justifié le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur X.

Plus précisément, le gouvernement américain reproche à l’ONG d’Imran Ahmed d’avoir «appelé les plateformes à déréférencer douze antivax américains», dont l’actuel ministre de la Santé américain Robert F. Kennedy Jr, a détaillé sur X la sous-secrétaire d’Etat pour la diplomatie publique, Sarah Rogers. L’an dernier, un tribunal californien a par ailleurs rejeté une plainte de X accusant le CCDH de mener une campagne de diffamation.

Des hauts fonctionnaires visés par la plainte

Marco Rubio et Sarah Rogers, les ministres de la Justice et de la Sécurité intérieure, Pam Bondi et Kristi Noem, ou encore le directeur de la police fédérale de l’immigration (ICE), Todd Lyons, sont visés par la plainte d’Imran Ahmed.

Le département d’Etat, pour sa part, a affirmé que, légalement, «les Etats-Unis n’ont aucune obligation d’autoriser des étrangers à venir dans notre pays ou à y résider». Donald Trump mène une offensive d’envergure visant les règles de l’Union européenne sur la tech qui imposent aux plateformes des obligations, en particulier de signalement de contenus problématiques, que les Etats-Unis jugent comme de la censure.

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