Que ce soit sur son réseau Truth Social, lors de ses prises de parole publiques, ou même frontalement, Donald Trump est connu pour dire tout haut ce qu’il pense de tout, et surtout de tout le monde. Alliés, rivaux, partenaires économiques, personne n’échappe à ses saillies. Et surtout pas la France. Ce lundi 10 novembre, Paris a été une nouvelle fois la cible des contrariétés du milliardaire républicain. Ce dernier s’en est pris à la politique fiscale française lors d’une interview accordée à la chaîne Fox News. Une critique loin d’être isolée : depuis le début de l’année, Donald Trump multiplie les tacles glissés contre la France et surtout contre Emmanuel Macron. Libération revient sur ces divers épisodes.
«De nombreux problèmes avec les Français»
Lundi, alors que la présentatrice de la chaîne Fox News Laura Ingraham interrogeait le président américain sur la question des étudiants étrangers, le milliardaire l’a interrompue. «Vous pensez que les Français valent mieux, vraiment ? Je vais vous dire, je ne suis pas sûr», a-t-il fait mine de s’interroger, déplaçant alors la discussion sur la politique fiscale française.
Estimant avoir «de nombreux problèmes avec les Français», Donald Trump a qualifié d’«injustes» les taxes françaises sur les technologies américaines. Il avait déjà affirmé qu’il imposerait des droits de douane supplémentaires «substantiels» aux pays qui introduiraient des taxes numériques «discriminatoires». En juillet, l’Union européenne, compétente pour négocier les droits de douane des pays de l’UE dont la France, et les États-Unis, étaient pourtant parvenus à un accord de principe, dit accord de Turnberry. Cela n’a donc pas empêché le milliardaire de s’en prendre à la politique fiscale française.
Au sommet du G7, «Emmanuel Macron ne comprend jamais rien»
Lors du sommet du G7, organisé au Canada, le 16 juin dernier, Donald Trump avait brutalement quitté la réunion – à la surprise générale –, juste après le dîner consacré aux enjeux internationaux. Un départ prématuré qui a tourné au fiasco diplomatique en pleine escalade entre Israël et l’Iran. Le président français avait alors tenté de justifier l’action de son homologue américain, ce qui n’a pas plu à ce dernier : on ne parle pas à la place du milliardaire colérique.
Emmanuel Macron a supposé que Donald Trump avait quitté les lieux pour aller négocier un «cessez-le-feu» entre l’Iran et Israël. Ce que l’Américain s’était empressé de démentir sur son réseau Truth Social : «Le président Emmanuel Macron, de France, en quête de publicité, a déclaré à tort que j’avais quitté le sommet du G7, au Canada, pour retourner à Washington afin de travailler sur un “cessez-le-feu” entre Israël et l’Iran. Faux ! Il n’a aucune idée de pourquoi je me rends maintenant à Washington, mais cela n’a certainement rien à voir avec un cessez-le-feu. Bien plus important que cela. Que ce soit volontaire ou non, Emmanuel se trompe toujours. Restez à l’écoute !»
Face à cette humiliation, Emmanuel Macron a joué la carte de l’apaisement : «Ça ne m’émeut pas parce que je le connais. Il a eu des mots extrêmement amicaux.»
Une «chasse aux sorcières» contre Marine Le Pen
Alors que la justice française a condamné en avril Marine Le Pen à quatre ans de prison et cinq années d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, le président des Etats Unis s’était empressé d’imposer son avis sur la situation : «Tout cela est désastreux pour la France et pour le peuple français, quel que soit son camp.» Sur ses réseaux sociaux, le locataire de la Maison Blanche avait qualifié l’affaire Le Pen de «chasse aux sorcières» – la même expression qu’il emploie à tort et à travers pour se défendre des accusations à son encontre.
Donald Trump avait ajouté que, bien qu’il ne connaisse pas la femme politique d’extrême droite, il admirait sa persévérance, affirmant qu’elle avait «continué d’avancer» malgré les obstacles. Il avait également qualifié l’accusation portée contre elle d’erreur comptable – quand la justice l’a reconnue coupable d’avoir participé à détourner plus de 4 millions d’euros de fonds européens pour payer le personnel du parti en France. Marine Le Pen a fait appel de cette condamnation.
Au sommet pour la paix à Gaza, «je n’arrive pas à y croire, vous faites profil bas aujourd’hui !»
Lors du sommet pour la paix à Gaza organisé à Charm el-Cheikh, en Egypte le 13 octobre, une séquence entre Donald Trump et Emmanuel Macron a suscité de vives réactions sur les médias français. Sur la vidéo de quelques secondes, on voyait le président des Etats Unis s’étonner qu’Emmanuel Macron ne se tienne pas derrière lui – comme les autres dirigeants. «Où est-il ?», avait-il alors demandé, avant de lui adresser amusé : «Je n’arrive pas à y croire, vous faites profil bas aujourd’hui !» Une référence à la crise politique nationale au cœur de laquelle était plongé Emmanuel Macron et la difficulté à former un gouvernement.
Certains médias ont crié à l’humiliation, d’autres se sont amusés de la situation. D’après TF1, que l’extrait omettait une partie des propos du président américain, qui a ajouté après cette pique : «C’est super, bon travail, merci beaucoup Emmanuel.»




