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Iran : Donald Trump dit «espérer un accord», Téhéran évoque un «cadre» de négociations finalisé dans les prochains jours

Les cours du pétrole sont à la baisse ce lundi 2 février au matin, anticipant un règlement négocié du conflit, sans intervention armée américaine.

Donald Trump à la Maison Blanche dimanche 1er 2026. (Jose Luis Magana/AP)
Publié le 02/02/2026 à 8h18, mis à jour le 02/02/2026 à 8h42

Le chaud et le froid. Alors qu’il multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé en janvier dans un pays alors privé d’internet et largement coupé du monde, Donald Trump a évoqué la voie diplomatique dimanche 1er février dans la soirée. «J’espère qu’on va trouver un accord», a déclaré le président américain à la presse. «Si nous n’avons pas d’accord, nous allons voir si [le guide suprême] avait raison ou non», a-t-il ajouté.

Plus tôt dimanche, Ali Khamenei avait pris la parole pour la première fois en deux semaines, et lancé une nouvelle mise en garde. «Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale», a-t-il prévenu, alors que les Etats-Unis avaient brièvement bombardé l’Iran lors d’une guerre de 12 jours en juin déclenchée par Israël.

Le guide suprême avait aussi fustigé de nouveau les protestataires. Ils «ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des Gardiens de la Révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran […] c’était un véritable coup d’Etat», avait accusé l’ayatollah Khamenei, assurant que cette tentative avait «échoué».

Mais ce lundi matin, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a affirmé que «divers points ont été abordés et nous examinons et finalisons les détails de chaque étape du processus diplomatique, que nous espérons conclure dans les prochains jours. Cela concerne la méthode et le cadre de travail». Selon lui, «les pays de la région servent de médiateurs pour l’échange de messages».

L’indicateur pétrole

En réaction à ce qui ressemble à une tentative d’apaisement de Donald Trump, les cours du pétrole ont chuté ce lundi matin dans les premiers échanges sur le marché asiatique. Le baril de WTI nord-américain perdait 3,4 % à 62,99 dollars peu avant 3 heures du matin, quand celui de Brent de la mer du Nord cédait 3,2 % à 67,09 dollars après les propos du président américain.

En milieu de semaine dernière, l’or noir avait flambé face à la perspective d’une intervention américaine en Iran, qui pourrait perturber la production d’hydrocarbures dans le pays, riverain du détroit d’Ormuz où transite environ 20 % du brut mondial. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, avait atteint les 70,71 dollars en clôture jeudi, alors un plus haut depuis juillet. Le WTI s’était lui aussi emballé, dépassant les 65 dollars.

La République islamique a réagi en réprimant dans le sang et en arrêtant en masse des manifestants mobilisés initialement pour des protestations contre le coût de la vie mais qui se sont transformées en mouvement de défiance envers les autorités.

Parmi les nombreux manifestants interpellés, Erfan Soltani, 26 ans, avait été arrêté le 10 janvier, au pic de la mobilisation. Erigé par des défenseurs des droits humains en visage du mouvement, il a été libéré samedi sous caution, a déclaré dimanche son avocat Amir Mousakhani.

Les Etats-Unis et des ONG avaient signalé un risque d’exécution du jeune homme, accusé de propagande contre le système islamique et d’atteinte à la sécurité nationale, selon la justice. L’Iran avait cependant démenti qu’il encourait la peine de mort pour les faits qui lui étaient reprochés.

Milliers de morts

Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, plus de 42 000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement. Elle a par ailleurs pu confirmer 6 842 morts, dont une majorité de manifestants. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17 000 décès en cours d’examen, écrit l’organisation.

Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des «terroristes». Une opération orchestrée selon Téhéran par les Etats-Unis et Israël.

La présidence a publié dimanche les noms de 2 986 personnes tuées pendant les troubles sur une liste de 3 117 morts. Les 131 restants n’ont pas encore été identifiés, selon un communiqué.

Mise à jour à 8 h 42, avec l’ajout de la déclaration du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

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