Ils sont près de 4 000 à refuser la présence de Billy Long sur le sol islandais. Depuis mercredi 13 janvier, une pétition demande à la ministre islandaise des Affaires étrangères, Katrín Gunnarsdóttir, de rejeter la nomination de Billy Long comme nouvel ambassadeur américain dans le pays nordique.
En cause, une sortie de ce proche de Donald Trump qui a provoqué l’ire du peuple islandais. Mercredi, quelques heures avant une rencontre cruciale à la Maison Blanche réunissant hauts responsables du Groenland, du Danemark et des Etats-Unis, le média Politico assure avoir eu vent de réflexions concernant une autre île nordique.
«Nous avons appris que l’ancien représentant Billy Long, candidat de Trump au poste d’ambassadeur en Islande, a plaisanté hier soir devant les membres de la Chambre en disant que l’Islande deviendrait le 52e Etat et qu’il en serait le gouverneur», révèle ainsi Politico dans sa newsletter matinale de mercredi. Sous-entendant au passage que le Groenland, territoire autonome danois convoité par Trump, serait le 51e.
Des propos «offensants pour l’Islande»
«Ces propos, tenus par Billy Long, nommé ambassadeur en Islande par Donald Trump, étaient peut-être une plaisanterie. Ils n’en restent pas moins offensants pour l’Islande et le peuple islandais, qui a dû se battre pour sa liberté et a toujours été un ami des Etats-Unis», écrivent les signataires de la pétition. Ils demandent la nomination «d’une autre personne qui témoigne d’un plus grand respect pour l’Islande et le peuple islandais».
Décryptage
Face à la polémique entraînée par cette mauvaise boutade du diplomate américain, la réaction du gouvernement islandais n’a pas tardé. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que ses services avaient contacté l’ambassade des Etats-Unis «afin de vérifier la véracité des propos qui lui sont attribués».
«Rien de grave là-dedans», se défend Billy Long
Dans une interview accordée à Arctic Today, un site d’infos dédié à l’actu des pays nordiques, Billy Long tente de faire amende honorable. Le rétropédalage est laborieux. Selon Arctic Today, Billy Long assure que sa déclaration était une plaisanterie. Il précise : «Il n’y avait rien de grave là-dedans, j’étais avec des gens que je n’avais pas vus depuis trois ans, et ils plaisantaient sur le fait que Jeff Landry [l’envoyé spécial américain de Trump au Groenland, ndlr] soit gouverneur du Groenland et ils ont commencé à plaisanter sur moi et si quelqu’un s’est senti offensé, alors je m’en excuse», a déclaré Long. «Je présente mes excuses, c’est tout ce que j’ai à dire. Je me réjouis de travailler avec le peuple islandais et je m’excuse si mes propos ont été mal interprétés. J’étais avec des amis et il n’y avait rien de grave là-dedans», balaie l’ancien élu républicain du Missouri.
Pas de quoi calmer l’Islande pour autant. Jeudi, Sigmar Guðmundsson, député islandais dont le parti centriste Réformiste libéral fait partie de la coalition gouvernementale à la tête du pays, a qualifié ces propos de «plaisanterie pas particulièrement drôle», notamment au vu du contexte tendu autour du Groenland, convoité par Washington. «Il va sans dire que c’est extrêmement grave pour un petit pays comme l’Islande», a-t-il déclaré au journal islandais Morgunblaðið. Et d’ajouter : «Nous devons comprendre que tous les arguments de sécurité invoqués par les Américains concernant le Groenland s’appliquent également à l’Islande.»




