Jack Lang «assume» ses liens passés avec Jeffrey Epstein mais «rien ne laissait supposer» ses crimes assure l’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand dans un communiqué à l’AFP. Son nom et celui de sa fille Caroline apparaissent dans plusieurs échanges avec le criminel sexuel américain, décédé en 2019, dans la base de documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice. Ce lundi 2 février, une enquête de Mediapart «met au jour des liens inédits, financiers notamment entre le criminel sexuel américain et la famille» de Lang, 86 ans, aujourd’hui président de l’Institut du monde arabe.
«J’ai été profondément heurté par les révélations» sur les activités criminelles de Jeffrey Epstein, «comme je le suis aujourd’hui d’être associé à un criminel, par sous-entendus souvent, parfois avec une réelle intention de me nuire. Par conséquent, je suis résolu à poursuivre en justice quiconque propagera à mon sujet des propos menaçants, haineux et diffamatoires», poursuit Jack Lang dans un communiqué à l’AFP.
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Sa fille Caroline, également mentionnée dans l’enquête du média en ligne, a fait un tout autre choix et annoncé sa décision de quitter ses fonctions au sein du Syndicat des producteurs indépendants. «J’ai décidé de me retirer de mes fonctions de déléguée générale du SPI», a-t-elle indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP, expliquant ne pas vouloir que cette «situation» puisse «nuire au syndicat» où elle occupait ses fonctions depuis trois semaines.
Selon Mediapart, Caroline Lang a fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société domiciliée dans les Iles vierges américaines, un paradis fiscal. «Un jour, Jeffrey nous a dit, à mon père et moi, qu’il voulait investir dans de jeunes artistes français et internationaux, pour les aider, raconte Caroline Lang au site. Il a proposé de monter un fonds et j’ai dit oui. Je ne me suis occupée de rien. Ce sont les avocats de Jeffrey Epstein qui ont tout fait, en termes de montage.»
«Il nous avait séduits»
Selon elle, le fait que le criminel sexuel ait financé entièrement la société – elle apportait pour sa part sa connaissance du monde de l’art – explique qu’elle ait oublié de déclarer sa participation dans Prytanee LLC, au fisc français. Elle assure n’avoir découvert que samedi 31 janvier que le nom de son père apparaissait dans les statuts de la société.
Dans son communiqué, l’ex-ministre explique avoir fait connaissance d’Epstein «voici une quinzaine d’années» par l’intermédiaire du réalisateur américain Woody Allen. «Volontiers mécène, il fréquentait alors le tout-Paris. Il nous avait séduits par son érudition, sa culture, sa curiosité intellectuelle», poursuit-il, saluant également sa «gentillesse» lors du décès de sa fille Valérie Lang.
Mise à jour le 2 février à 21h14 avec la démission de Caroline Lang




