Menu
Libération
Bouderie

«Je ne ressens plus l’obligation de ne penser qu’à la paix» : la lettre où Trump reproche à la Norvège de ne pas lui avoir décerné le Nobel divulguée

En réponse à une lettre où le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store l’appelait à l’apaisement, Donald Trump répète son obsession sur le Groenland, affirmant que «le monde ne sera pas en sécurité» sans un «contrôle total et absolu» des Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 14 janvier 2026. (Evelyn Hockstein/REUTERS)
Publié le 19/01/2026 à 19h19

Ils imaginaient sans doute une autre réponse. Le Premier ministre norvégien, appuyée par le Finlandais Alexander Stubb, rare chef d’Etat européen à pouvoir relationner avec Trump, passion commune pour le golf oblige, avait envoyé à l’autoritaire président américain une missive lui suggérant l’apaisement dans le dossier groenlandais et un échange téléphonique rapide pour redire leur «opposition aux augmentations tarifaires annoncées à l’encontre de la Norvège, de la Finlande et de certains autres pays». La réaction trumpienne fut à l’image du milliardaire : déroutante.

Exagérations et bouderie

Dans sa réponse, le président américain a notamment attribué son échec au prix Nobel de la paix (remporté par l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, qui lui a fait don de sa médaille dans le vain espoir d’obtenir son soutien) à la Norvège. C’est le comité Nobel, certes composé de membres norvégiens, qui attribue le prix, dans une décision qui n’engage pas le pays. Il a ensuite exagéré le nombre de conflits auxquels il a mis fin. Certains des huit conflits auxquels il pense ont soit été réglés en partie par d’autres acteurs ; d’autres se poursuivent, tandis que le plus retentissant, le cessez-le-feu à Gaza, est toujours fragilisé par les assauts de l’armée israélienne et aux réticences du Hamas. Et dans un revirement plus proche de la bouderie que d’un geste présidentiel, a explicitement marqué un début de désintérêt pour l’action en faveur de la paix.

«Cher Jonas : Etant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à PLUS de 8 guerres, je ne ressens plus l’obligation de penser uniquement à la paix, bien que ce sujet reste prédominant, et je peux désormais réfléchir à ce qui est bon et approprié pour les Etats-Unis.»

La suite de la lettre, assez courte, est une resucée des différents arguments utilisés par le dirigeant américain pour justifier son obsession à l’égard du Groenland, en dépit des différentes analyses permettant de penser qu’ils sont infondés.

«Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire contre la Russie ou la Chine, alors pourquoi aurait-il un “droit de propriété” ? Il n’y a pas de documents écrits, un bateau a juste accosté là-bas il y a des centaines d’années, mais nous avions aussi des bateaux qui accostaient là-bas. J’ai davantage fait pour l’Otan que quiconque depuis sa création, et maintenant, l’Otan devrait faire quelque chose pour les Etats-Unis.

Le monde ne sera pas en sécurité tant que nous n’aurons pas le contrôle total et absolu du Groenland. Merci ! Président DJT.»

Dans la même rubrique