«S’ils entrent à Rafah, je ne leur livrerai pas les armes.» Par ces quelques mots, formulés lors d’un entretien avec CNN diffusé dans la soirée de mercredi, Joe Biden a franchi un pas inédit en posant, pour la première fois, des conditions au soutien militaire américain à Israël. Un appui jusqu’à présent sans faille, qui fracture le camp démocrate face à l’ampleur du désastre humanitaire et du bilan humain dans l’enclave palestinienne. Oui, «des civils ont été tués à Gaza du fait de ces bombes» et munitions fournies à l’Etat hébreu par les États-Unis, et «c’est inacceptable», a ajouté Joe Biden, à l’orée d’un huitième mois d’offensive conduite par l’armée israélienne contre l’enclave palestinienne, en réplique à l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre.
Cet aveu à mots graves peut apparaître terriblement tardif alors que le décompte des victimes palestiniennes recensées par les autorités gazaouies avoisine les 35 000 morts. Il marque toutefois une inflexion majeure, peut-être historique dans la rhétorique américaine à l’endroit de son allié israélien. Il intervient aussi à quelques jours de la divulgation par l’administration Biden d’un rapport attendu, censé déterminer formellement si oui ou non les opérations de Tsahal ces derniers mois ont été conduites en conformité avec la loi des Etats-Unis et le droit international, que ce soit dans l’ut




