Le 5 octobre, Donald Trump lançait l’une de ces formules dont il a le secret, aussi percutante que fantaisiste : «Chacun de ces bateaux est responsable de la mort de 25 000 Américains et de la destruction de familles. Donc, vu sous cet angle, ce que nous faisons est en réalité un acte de bonté.» Par ces mots, le président américain justifiait la destruction, dans les Caraïbes et le Pacifique, d’embarcations soupçonnées de trafic de drogue. Une campagne qui vise surtout des navires partis du Venezuela et qui a déjà coûté la vie à 87 personnes depuis début septembre.
Selon la Maison Blanche, chaque bateau coulé sauverait donc 25 000 vies. Le calcul défie toute logique : 22 navires détruits feraient 550 000 vies américaines préservées, soit près de sept fois les quelque 80 000 overdoses mortelles recensées aux Etats-Unis en 2024. L’exagération est si grossière – et le sujet si grave – qu’elle en devient indécente. Mais peu importe : ce chiffre rond, martelé sans relâche, sert un récit limpide, celui d’une armée américaine héroïque luttant sans faire de qua




