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La dette américaine, nouvelle arme de l’Europe face à Donald Trump ?

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Détenus massivement par des investisseurs européens, les bons du Trésor américains pourraient théoriquement servir de levier stratégique face à Washington. Mais tout désengagement massif est risqué pour les économies européennes, et reste peu réaliste.

Le Treasury Building à Washington. (Stefani Reynolds/Getty Images/Bloomberg Creative )
Publié le 23/01/2026 à 18h02

Dans l’arsenal théorique dont disposent les Européens face à une administration Trump de plus en plus belliqueuse – entre menaces à l’intégrité territoriale de l’Union avec la lubie d’annexion du Groenland et chantage à l’intensification de sa guerre commerciale –, figure une arme économique potentiellement ravageuse : celle de la dette américaine.

Les Européens sont en effet les premiers créanciers étrangers des Etats-Unis, et pourraient faire de cette position un levier stratégique, en se délestant de leurs bons du Trésor – des titres de dette émis par un Etat pour se financer, nommés Treasuries outre-Atlantique –, et d’autres actifs américains pour fragiliser l’économie. Ou en tout cas, en menaçant de le faire, pour exercer une pression financière sur celle-ci. Une démarche qui leur vaudrait de «grosses représailles», a fulminé Donald Trump, interrogé sur le sujet jeudi 22 janvier à Davos.

«Faiblesse majeure»

«L’Europe a le Groenland, elle détient aussi une grande quantité de bons du Trésor américain», rappelait George Saravelos, responsable mondial de la recherche sur le marché des changes chez Deutsche Bank, dans une note publiée dimanche. «Malgré toute leur puissa

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