Mais où Trump s’arrêtera-t-il ? La question est sur toutes les lèvres depuis que le milliardaire républicain a capturé le président vénézuélien et son épouse, depuis qu’il menace le Groenland, la Colombie, Cuba, qu’il déstabilise l’ordre international ou encore qu’il défend et encourage les opérations mortelles de sa police migratoire. Eh bien, le locataire de la Maison Blanche a donné une réponse à sa façon jeudi 8 janvier, interrogé par le New York Times : il s’arrêtera lorsqu’il aura atteint les limites «de sa propre morale». Et qu’importe le droit international, les traités mondiaux ou autres garde-fous, susceptibles de restreindre sa capacité à utiliser la force militaire pour frapper, envahir ou contraindre des nations à travers le monde.
«Je n’ai pas besoin du droit international. […] Ma propre moralité. Mon propre esprit. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter», a clairement fait savoir le dirigeant d’extrême droite, au cours de son long entretien au quotidien new-yorkais abordant notamment les sujets du Venezuela et de son influence sur la scène internationale. Si Donald Trump a finalement concédé un timide «oui» quant à la nécessité pour son administration de respecter le droit international. «Cela dépend de la définition que l’on donne [à ce droit]», au moment où son administration étudie «toute une série d’options» pour tenter de prendre le contrôle du Groenland.
Importance de la propriété
Moins d’une semaine après la capture par les forces américaines de Nicolás Maduro et à l’heure où les Européens s’inquiètent d’une prise de contrôle américaine du Groenland, Donald Trump a insisté sur l’importance de «la propriété». «Je pense que [cela] vous apporte quelque chose que vous ne pouvez pas obtenir avec un simple bail ou un traité. Elle offre des avantages et des éléments qu’on ne peut pas acquérir par la simple signature d’un document», a-t-il déclaré. Dans la même idée, il a évoqué la superficie du Groenland - trois fois plus grande que celle du Texas mais habitée par moins de 60 000 personnes - avec «le regard d’un magnat de l’immobilier», selon le New York Times.
L’assurance de Donald Trump que sa propre volonté surplombe les lois, les traités et conventions est une définition claire de sa conception du pouvoir, jusqu’ici traduite par ses actes. Elle est «la reconnaissance la plus directe à ce jour de sa vision du monde» résume le quotidien.
Les lois sont des «fardeaux inutiles pour une superpuissance»
Le milliardaire républicain ne s’est pas caché d’utiliser sa réputation d’imprévisibilité et sa capacité à recourir rapidement à l’action militaire dans le but de faire pression sur d’autres nations. Et estimé que toutes les normes de l’ordre mondial d’après guerre étaient des «fardeaux inutiles pour une superpuissance». Contre l’évidence, il a balayé d’un revers de main l’idée selon laquelle le dirigeant chinois, Xi Jinping, ou le président russe, Vladimir Poutine, puissent employer une logique similaire au détriment des Etats-Unis. Le prolongement de ce que son proche conseiller Stephen Miller, déclarait plus tôt dans la semaine : «On vit dans un monde […] qui est gouverné par la puissance, par la force.»
Un rapport aux normes juridiques qu’il applique également sur le plan national, au lendemain de la mort d’une habitante de Minneapolis, tuée par un agent de ICE, la police de l’immigration. Qu’il s’agisse du déploiement de la Garde nationale ou encore l’imposition du droit de douane, Trump a assuré que les juges n’avaient le pouvoir de restreindre son programme de politique intérieure que «dans certaines circonstances». Assurant avoir été élu pour «rétablir l’ordre public», il a réaffirmé son intention d’invoquer la loi sur l’insurrection (qui autorise le président à déployer l’Armée américaine sur tout le territoire pour mettre un terme aux troubles civils) et à placer certaines unités de la Garde nationale sous commandement fédéral s’il le jugeait nécessaire.




