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L’administration Trump appelle les «hommes blancs» à se plaindre d’éventuelles discriminations au travail

La présidente de l’agence fédérale américaine chargée du respect des lois contre la discrimination au travail a clamé, mercredi 17 décembre, que les hommes blancs étaient eux aussi en droit de demander une indemnisation à son organisme.

Des partisans de Trump, le dimanche 19 janvier 2025 à Washington. (Angelina Katsanis/POLITICO.AP)
Publié le 18/12/2025 à 20h06

Ils osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît. Une responsable de l’administration Trump a appelé, mercredi 17 décembre, les «hommes blancs» qui s’estiment victimes de discrimination au travail à faire une demande d’indemnisation auprès d’une agence fédérale fondée dans les années 60 pour lutter contre la ségrégation des Afro-Américains. «Etes-vous un homme blanc qui a subi de la discrimination au travail en raison de votre sexe ou de votre race ? Vous pourriez avoir le droit de demander une indemnisation», a ainsi expliqué Andrea Lucas, la présidente de cette agence, dans une vidéo publiée sur X et partagée par le vice-président, JD Vance.

Créée par la grande loi de 1964 sur les droits civiques, l’Agence fédérale chargée du respect des lois contre la discrimination au travail (EEOC) met désormais en avant, sur son site internet, son soutien à ceux qui se disent victimes de discrimination positive ou «anti-américaine». Selon sa présidente, «l’EEOC s’engage à identifier, combattre et éliminer toutes les formes de discrimination fondée sur la race et le sexe, y compris à l’encontre des hommes blancs, comme candidats et employés».

195 fois plus de plaintes déposées par des afro-américains

Depuis son retour à la présidence en janvier, Donald Trump mène avec son gouvernement une bataille politique pour démanteler les pratiques de discrimination positive, des campus universitaires aux entreprises en passant par l’Etat. Souvent désignées par le sigle DEI (Diversité, Equité, Inclusion), ces pratiques initialement mises en place pour soutenir les minorités victimes d’inégalités sont dans le viseur d’un courant politique à l’offensive sur tout ce qu’il considère «woke».

JD Vance, figure de proue de ce mouvement, a de son côté publié mercredi sur X un article dans lequel un scénariste de Hollywood raconte s’être vu refuser la participation à un projet car il est un jeune homme blanc. Le mouvement DEI «est un projet délibéré de discrimination, surtout contre les hommes blancs», a écrit en commentaire le vice-président américain. «Vous avez absolument raison», lui a répondu sur X Andrea Lucas, dénonçant «une vaste discrimination systématique et illégale [qui] a surtout visé les hommes blancs» et ajoutant que son agence «ne s’arrêterait pas tant que ces discriminations ne seront pas éliminées».

Malgré ces jérémiades, selon une étude de l’Université du Massachusetts, la part d’employés afro-américains qui soumettent une plainte auprès de l’EEOC est 195 fois plus importante que pour les employés blancs. En 2020 aux Etats-Unis, le patrimoine moyen des foyers blancs était environ 10 fois plus élevé que celui d’un foyer afro-américain, selon des données du recensement analysées par le Pew Research Center.

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