Menu
Libération
Addiction

Le Brésil met un peu d’ordre dans la jungle des paris en ligne

Réservé aux abonnés

Le pays est le premier marché mondial des sites de jeux en ligne, dont les pubs inondent les rues et les réseaux sociaux. Face à l’explosion des addictions et de l’endettement des parieurs, l’Etat commence à réguler le secteur.

De plus en plus d'utilisateurs brésiliens cherchent une aide psychologique contre l’addiction aux applications de paris. (South_agency/Getty Images)
Par
Isadora Cavalcanti
Publié le 24/12/2025 à 10h00

«Ce 25 décembre, j’ai passé quatre ans et trois mois sans parier», raconte fièrement Felipe (1), membre d’un groupe de joueurs anonymes à Recife, dans le nord-est du Brésil. Le pays traverse une vague d’addiction aux bets, l’anglicisme signifiant «pari» utilisé dans le langage courant pour désigner les plateformes de paris et de jeux d’argent en ligne. Depuis 2018, le Brésil est passé de la quinzième à la première place du classement mondial des Etats qui accèdent les plus aux sites de paris, en dépassant l’Inde, les Etats-Unis et le Japon, selon une analyse publiée par SimilarWeb. Les impacts négatifs sur la société sont de plus en plus visibles et le défi actuel est de protéger les consommateurs comme de réguler les entreprises, dont le nombre a explosé.

Un utilisateur sur cinq d’Internet, âgé de plus de 10 ans, a parié en 2025 au Brésil. Le dossier «La santé des Brésiliens en jeu», publié en décembre par l’Institut d’études pour les politiques de santé, a énuméré les impacts négatifs sur la société comme les suicides, des dépenses de santé, des arrêts de travail accrus, voire le chômage. Un rapport publié en 2024 par la Banque centrale montrait que le montant dépensé par les joueurs brésiliens dans les paris s’élevait à 20,8 milliards de reals, environ 3,2 milliards d’euros, pour le

Dans la même rubrique