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Le Costa Rica dénonce un projet d’assassinat présumé visant le président Rodrigo Chaves

La Direction du renseignement et de la sécurité nationale, rattachée à la présidence, a dit avoir appris l’existence d’un complot présumé envers le chef d’Etat conservateur ce mardi 13 janvier, à un peu plus de deux semaines de l’élection présidentielle.

Le président Rodrigo Chaves sur une banderole à San José, le 14 novembre 2025. (Mayela Lopez/REUTERS)
Publié le 13/01/2026 à 21h16

A une poignée de jours de l’élection présidentielle, le gouvernement du Costa Rica a affirmé ce mardi 13 janvier avoir mis au jour un projet présumé visant à assassiner le président du pays, Rodrigo Chaves. Le chef de la Direction du renseignement et de la sécurité nationale, Jorge Torres, rattachée à la présidence, a déclaré à la presse que son organisme avait appris l’existence du complot présumé grâce à une «source confidentielle» l’ayant informé du paiement d’un tueur à gages.

En fonction depuis mai 2022, Rodrigo Chaves, conservateur anti-écologistes prend régulièrement à partie les opposants politiques, les juges, les procureurs et les députés ainsi que la presse critique à son égard. Il a maintes fois dénoncé «une tentative de coup d’Etat judiciaire» orchestrée par une élite «corrompue».

Cette annonce intervient à moins de deux semaines des élections présidentielles et législatives du 1er février, pour laquelle la candidate du parti conservateur au pouvoir est favorite. Rodrigo Chaves, que la constitution empêche de briguer un second mandat consécutif, a apporté son soutien à l’une de ses anciennes ministres, Laura Fernandez, pour lui succéder. La candidate du parti conservateur au pouvoir, le PPSD, est favorite.

«Dictateur en herbe»

Le président costaricain, qui a fait en outre l’objet d’une procédure au Congrès costaricain dans une affaire de corruption présumée, s’est offusqué que dans son pays, on l’accusait d’être un «dictateur en herbe» parce qu’il voulait éradiquer la criminalité croissante, notamment en «change(ant) les lois», sur le modèle du Salvador de Nayib Bukele.

Rodrigo Chaves a notamment prévu de construire une prison inspirée de celle destinée aux membres de gangs au Salvador, qui a réussi à faire baisser l’insécurité à des niveaux historiquement bas grâce à un état d’exception autorisant des arrestations sans mandat judiciaire, mais qui, selon des ONG, a entraîné de nombreuses violations des droits humains.

Une visite de Bukele pour inaugurer les travaux d’une méga-prison projetée par le gouvernement de Rodrigo Chaves, le président sortant, était notamment prévue mercredi. Le porésident autoritaire salvadorien a dit pouvoir aider le Costa Rica grâce à son «expérience» dans le «démantèlement des structures criminelles», la gestion des prisons et «les réformes législatives nécessaires pour éradiquer la criminalité». De leur côté, les groupes d’opposition costaricains ont mis en garde contre ce qu’ils considèrent comme une possible ingérence dans l’élection de la part du président de Nayib Bukele.

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