Le nouveau chef de l’Etat du Costa Rica, le populiste conservateur Rodrigo Chaves, se serait bien passé d’un tel cadeau de bienvenue. Investi le 8 mai après avoir remporté l’élection présidentielle du 3 avril avec 53 % des suffrages face à un rival de centre gauche, il a proclamé «l’état d’urgence» une semaine plus tard. L’ennemi qui menace le petit pays d’Amérique centrale (5 millions d’habitants) est un groupe de piraterie informatique connu sous le nom de Conti, qui opère depuis la Russie.
La cyberattaque a été lancée autour du 12 avril, pendant l’intérim entre le deuxième tour et l’entrée en fonction du nouvel élu. Elle n‘a été rendue publique que début mai par le gouvernement de Carlos Alvarado, à quelques jours de la fin de son mandat. Auparavant, les autorités avaient prétexté des incidents techniques pour justifier les difficultés d’accès à plusieurs sites officiels. La première demande de rançon s’élevait à 10 millions de dollars (9,3 millions d’euros), à verser sous peine de publication de documents volés. Le Costa Rica a refusé le chantage, et Conti a fait monter les enchères en doublant l