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«Le meilleur reste à venir» : embourbé dans l’inflation, Trump défendra son bilan en direct depuis la Maison Blanche ce mercredi soir

Le président américain se fixe pour objectif convaincre les nombreux Américains déçus de son bilan, notamment sur le coût de la vie. Certaines décisions concernant 2026 devraient être évoquées.

Donald Trump, à Maison Blanche à Washington, le 16 décembre 2025. (Andrew Caballero-Reynolds/AFP)
Publié le 17/12/2025 à 11h53

Même pas un an de mandat, et déjà un «25 /20» en économie − du moins c’est ainsi ce qu’auto-évalue le président lui-même. Donald Trump entend convaincre les Américains, majoritairement déçus par sa politique économique, que l’année 2025 a déjà été «excellente» et que «le meilleur reste à venir», ce mercredi 17 décembre.

Lors de ce discours, prévu à la Maison blanche à 21 heures à Washington (3 heures du matin en France), il parlera au pays «de ses succès historiques cette année» et «lèvera un coin de voile sur certaines décisions à venir l’an prochain», a déclaré sa porte-parole Karoline Leavitt sur la chaîne de télévision Fox News. Les sujets de l’immigration et l’économie devraient être abordés.

La vision enthousiaste à l’excès du président américain, qui depuis son retour au pouvoir le 20 janvier a engagé un brutal tournant protectionniste et nationaliste, tranche avec l’inquiétude exprimée dans les sondages sur le coût de la vie. Selon une enquête d’opinion YouGov parue mardi, 52 % des Américains estiment que la conjoncture se dégrade, 20 % qu’elle s’améliore et 22 % qu’elle ne change pas.

«Meilleure économie de l’histoire»

La déception des Américains quant à la politique économique de Donald Trump, reposant en grande partie sur les droits de douane malgré ses conséquences inflationnistes, inquiète les républicains à moins d’un an des élections de mi-mandat. Le Congrès n’ayant pas réussi à s’entendre sur le sujet, les primes d’assurance-santé de millions de personnes vont par ailleurs fortement augmenter en janvier, ce qui pourrait alimenter encore le mécontentement des ménages. Certains conservateurs ont appelé le président américain à se concentrer davantage sur les sujets intérieurs, à l’heure où les spéculations vont bon train en particulier sur ses intentions militaires au Venezuela.

Donald Trump, après un meeting la semaine dernière en Pennsylvanie, dans le nord-est du pays, sera ce vendredi en Caroline du Nord, dans le sud-est du pays, pour tenter de mobiliser les électeurs. Il a laissé éclater récemment sa frustration face aux sondages, en écrivant sur son réseau Truth Social : «Quand dira-t-on enfin que j’ai créé, sans inflation, ce qui pourrait être la meilleure économie de l’histoire de notre pays ? Quand les gens vont-ils comprendre ce qu’il se passe ?»

«Nous devons persévérer»

Dans un entretien avec Politico, le milliardaire de 79 ans a jugé que l’économie méritait une note de «25 /20» (A +++++). Si Donald Trump maintient que la conjoncture est meilleure que la perception qu’en ont ses compatriotes, certains de ses alliés demandent aux Américains d’être patients, en rejetant la responsabilité de la vie chère sur le précédent président démocrate Joe Biden.

L’un des principaux conseillers économiques de la Maison Blanche, Kevin Hassett, a réagi mardi à la progression du taux de chômage en novembre en rappelant que la croissance économique restait forte et en déclarant que «généralement les créations d’emplois suivent.» Il a prédit qu’il faudrait six mois pour que l’emploi industriel rebondisse, grâce selon lui aux investissements rendus possibles par le président américain.

Les électeurs «savent que Rome ne s’est pas faite en un jour. Ils savent que ce que Joe Biden a cassé ne sera pas réparé en une semaine», a déclaré de son côté le vice-président JD Vance, pendant un meeting en Pennsylvanie, utilisant paradoxalement un argumentaire à celui des démocrates qui, en 2024, défendaient un bilan global plombé par le coût de la vie. Et d’ajouter : «Nous devons persévérer. Nous devons continuer à travailler pour ramener de bons emplois et de l’argent aux Etats-Unis.»

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