Nouveau pactole pour l’homme le plus riche du monde. Le nouveau plan de rémunération du patron de Tesla, Elon Musk, a été adopté par plus de 75 % des votes lors de l’assemblée générale des actionnaires réunie jeudi 6 novembre à Austin (Texas), lui offrant la perspective d’empocher plus de 1 000 milliards de dollars en dix ans.
D’une durée de dix ans, le plan est constitué de douze tranches fixant des seuils financiers et opérationnels déclenchant, dans certaines conditions, l’octroi d’actions du groupe Tesla au patron. La tranche finale prévoit notamment une capitalisation boursière de l’entreprise à 8 500 milliards de dollars, ou encore la vente de vingt millions de véhicules (Tesla a fabriqué en juin son huit millionième véhicule). S’il coche toutes les cases - et dans les temps impartis -, Elon Musk pourrait alors recevoir jusqu’à 12 % du capital actuel supplémentaire et détenir entre 25 % et 29 % de Tesla.
Un nouveau plan qui fait débat
«Ce n’est pas simplement un nouveau chapitre de l’histoire de Tesla, mais un livre tout neuf», a déclaré Elon Musk, après l’annonce des résultats, sous les hourras et applaudissements des quelques centaines de participants à cette assemblée générale annuelle - retransmise en direct en ligne.
Mais ces applaudissements ne camouflent pas les nombreux détracteurs de ce nouveau plan. Jusqu’au dernier moment, partisans et opposants à ce pactole ont tenté de rallier d’autres actionnaires à leur cause. Une manifestation anti-Musk s’est tenue mercredi 5 novembre à Austin, devant le Parlement du Texas. «Bien que nous reconnaissions la valeur considérable créée sous la direction visionnaire de monsieur Musk, nous sommes préoccupés par le montant total de la rémunération, la dilution et l’absence de mesures pour atténuer le risque lié à une personne clé», relevait mardi le fonds souverain de la Norvège - l’un des dix principaux actionnaires de Tesla.
Certains s’inquiètent également des conséquences des positions politiques pro-extrême droite exprimées par le multimilliardaire - un temps très proche de Donald Trump -, qui ont affecté les ventes mondiales, et de la concurrence croissante notamment des modèles chinois, moins chers.
Un patrimoine déjà estimé à 500 milliards de dollars
«Tesla n’est pas dirigé par un patron ordinaire. Elon [Musk] est un visionnaire […], qui a accompli des révolutions industrielles et des transformations réussies de nombreuses entreprises pionnières à plusieurs milliards de dollars», affirmait notamment le groupe - qui cherchait à justifier le montant du plan par le mérite de leur patron. Et ce programme de rémunération a été conçu pour garantir qu’Elon Musk continue à servir le constructeur de véhicules électriques alors que celui-ci poursuit ses recherches sur des technologies de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la robotique. L’homme le plus riche du monde - dont le patrimoine est estimé à 500 milliards de dollars -, avait en effet insinué qu’il serait moins enclin à rester chez Tesla s’il n’obtenait pas satisfaction.
Lors de l’AG, les trois candidats au renouvellement de leur mandat d’administrateur ont obtenu satisfaction et l’amendement au plan de rémunération d’Elon Musk validé en 2018 - d’un montant total de 56 milliards - a également été approuvé. Les actionnaires ont été consultés sur l’opportunité d’investir dans xAI - entreprise d’Elon Musk spécialisée dans l’intelligence artificielle ayant absorbé le réseau social X qui lui appartenait aussi -, mais l’issue du vote a été moins probante. Le conseil d’administration va donc «examiner le résultat pour décider de la prochaine étape», a relevé le responsable du groupe.




