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Incertitudes

Les Etats-Unis pressent leurs ressortissants de quitter «immédiatement» le Venezuela, Maduro dit «aller bien»

Le département d’Etat a pressé les Américains samedi soir de quitter le sol vénézuélien à cause des milices locales, les «colectivos», qui seraient à leur recherche. Le président déchu, lui, s’est exprimé depuis sa prison de New York.

A Caracas samedi 10 janvier 2026. ( Ivan McGregor/Anadolu. AFP)
Publié le 11/01/2026 à 8h16

Le gouvernement des Etats-Unis a appelé samedi 10 janvier dans la soirée tous ses ressortissants à ne pas voyager au Venezuela et ceux qui s’y trouvent à «quitter le pays immédiatement», en raison d’une situation sécuritaire jugée «instable».

Le département d’Etat américain a évoqué la présence de «groupes de milices armées, connus sous le nom de colectivos, qui installent des barrages routiers et fouillent des véhicules à la recherche de preuves de citoyenneté américaine ou de soutien aux Etats-Unis».

L’alerte américaine «repose sur des récits inexistants visant à créer une perception de risque qui n’existe pas», a rétorqué Caracas dans un communiqué, ajoutant que «le Venezuela jouit d’un calme, d’une paix et d’une stabilité absolus».

De son côté, une semaine après sa capture par les soldats américains, Nicolas Maduro a assuré «aller bien», depuis sa prison de New York. «Nous sommes des combattants», a déclaré le président vénézuélien déchu depuis le centre de détention de Brooklyn, selon son fils dans une vidéo publiée samedi soir par le parti au pouvoir au Venezuela.

Accusés notamment de trafic de drogue, Nicolas Maduro et la Première dame Cilia Flores, qui ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi devant la justice américaine, sont incarcérés depuis aux Etats-Unis avant une prochaine audience le 17 mars.

Lassitude

Dans le même temps, un petit millier de sympathisants ont défilé samedi dans les rues de Caracas, scandant «Maduro et Cilia sont notre famille , avec des pancartes proclamant «Nous voulons leur retour».

Les appels à manifester en soutien au dirigeant socialiste déchu sont quotidiens depuis l’opération militaire américaine du 3 janvier. La mobilisation était moindre samedi, où aucune figure du Parti au pouvoir, le PSUV, n’était présente pour haranguer les foules. Peut-être aussi par lassitude de ces rassemblements quotidiens.

La manifestation coïncidait également avec l’anniversaire de l’investiture de Maduro pour un troisième mandat, à l’issue des élections de 2024 dénoncées par l’opposition comme frauduleuses.

La télévision publique a diffusé une visite de la présidente par intérim Delcy Rodriguez à une foire agricole à Petare, un quartier emblématique de Caracas où s’est également tenue une petite manifestation en faveur de Maduro. «Nous n’allons pas nous reposer une seule minute tant que nous n’aurons pas récupéré le président», a lancé Rodriguez. «Nous allons le sauver, bien sûr que oui».

Dans la foulée de la chute surprise de Maduro, l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim, et négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes. Son gouvernement a «décidé d’entamer un processus exploratoire» en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019.

Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, «l’administration Trump reste en contact étroit avec les autorités intérimaires», souligné samedi un responsable du département d’Etat.

Donald Trump a affirmé avoir «annulé» une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la «coopération» de Caracas, et Washington entend «dicter» toutes ses décisions. La nouvelle présidente par intérim a de son côté martelé que son pays n’est ni «subordonné, ni soumis» à Washington.

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