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Les Etats-Unis réduisent le nombre de vaccins recommandés pour les enfants

La mesure, encouragée par Donald Trump et son ministre antivax Robert Kennedy Jr mais critiquée par les spécialistes, concerne six vaccins dont celui contre la grippe, l’hépatite A et B ou encore le rotavirus.

Le ministre américain de la Santé, Robert Kennedy Jr., à Washington le 18 décembre 2025. (Alex Wong/Getty Images. AFP)
Publié le 06/01/2026 à 9h10

Nouvelle étape dans la politique anti vaccinale américaine. Le ministère américain de la Santé, dirigé par le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, a annoncé lundi 5 janvier au soir réduire le nombre de vaccins recommandés pour les enfants. Fortement soutenue par Donald Trump - qui plaide pour un nouveau «calendrier bien plus raisonnable» et aligné selon lui sur le «consensus international» -, la mesure est largement critiquée par les spécialistes et les médecins.

Avec cette réforme, six vaccins précédemment recommandés à tous les enfants des Etats-Unis ne le seront désormais plus que pour ceux considérés comme particulièrement à risque. Parmi eux, se trouvent les vaccins contre la grippe, l’hépatite A et B, les méningocoques (à l’origine des méningites), ainsi que contre les rotavirus (responsable de gastro entérique). Celui contre le Covid-19 avait déjà été retiré de la liste il y a quelques mois.

Pour le locataire de la Maison Blanche, il s’agit de revoir la politique vaccinale américaine à l’aune des pratiques des autres pays développés, et notamment du Danemark - qui recommandait jusqu’ici moins de vaccins que les Etats-Unis -, pris comme exemple par le gouvernement Trump. Sur son réseau Truth Social, le milliardaire républicain a précisé que «les parents peuvent toujours choisir, s’ils le souhaitent, de faire bénéficier leurs enfants de l’ensemble des vaccins, et ils seront toujours pris en charge par les assurances».

Mais l’argument international ne convainc pas spécialistes, inquiets de cette réforme. «Il est crucial que toute décision» à ce sujet «soit fondée sur des preuves» et «non des comparaisons qui ne tiennent pas compte de différences majeures entre pays et systèmes de santé», a expliqué Sean O’Leary, spécialiste en maladies infectieuses et pédiatrie. Une prise de position qui rejoint celle portée précédemment par les experts de l’université du Minnesota, «le calendrier du Danemark est le reflet de décisions prises dans un petit pays, très homogène, avec un système de santé publique centralisé qui garantit un accès universel aux soins, une faible prévalence des maladies, ainsi que des infrastructures sociales solides», ont-ils écrit.

«Outil pour protéger les enfants de maladies graves»

La décision «fondée sur aucune information scientifique à propos des risques, et très peu de transparence, va susciter inutilement de la peur chez les patients et les médecins, et va rendre l’Amérique plus malade encore», s’est indigné le sénateur Bill Cassidy, médecin de formation, sur X. Un danger souligné également par le spécialiste Sean O’Leary, «Le calendrier américain pour les vaccins infantiles est l’un des outils les plus minutieusement étudiés que nous ayons pour protéger les enfants de maladies graves, parfois mortelles».

Il ne s’agit pas de la première mesure du gouvernement Trump relevant du vaccinoscepticisme. En décembre, l’Agence américaine du médicament a dit enquêter sur de possibles décès liés aux vaccins contre le Covid-19, quand bien même l’efficacité et la sécurité des vaccins anti-Covid ont été documentées par de nombreuses études. Désormais, 11 vaccins sont recommandés à l’ensemble des enfants américains, contre 17 auparavant. En France, 12 vaccins sont obligatoires, dont celui contre l’hépatite B (mais pas A) et celui contre les méningocoques. Celui contre les rotavirus est recommandé, et ceux de la grippe et le Covid-19 sont accessibles.

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