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Les Etats-Unis pourchassent un troisième pétrolier au large du Venezuela

L’armée américaine pourchasse ce dimanche soir un troisième navire. Maduro a dit qu’il allait dénoncer devant le Conseil de sécurité des Nations unies la saisie, la veille, d’un deuxième bateau ainsi que les frappes américaines menées en mer des Caraïbes.

Capture d'écran d'une vidéo postée sur X par la ministre de la Sécurité intérieure américaine, Kristi Noem, montrant la saisie d'un pétrolier au large du Venezuela, le 20 décembre. (US Secretary of Homeland Security/AFP)
Publié le 21/12/2025 à 11h06, mis à jour le 21/12/2025 à 18h39

Nouveau coup de filet américain dans sa prétendue lutte contre le narcotrafic. Après avoir saisi samedi un pétrolier voguant dans les eaux internationales, l’armée américaine annonce ce dimanche 21 décembre s’être lancée à la poursuite d’un troisième pétrolier au large du Venezuela. Une nouvelle opération militaire menée par les Etats-Unis, encore et toujours sans apporter la moindre preuve d’implication dans le trafic de drogues. Selon Bloomberg, le navire actuellement traqué par les garde-côtes américains est le Bella 1, un pétrolier battant pavillon panaméen, sanctionné par les Etats-Unis, qui faisait route vers le Venezuela.

«Les garde-côtes américains poursuivent activement un navire de la flotte clandestine, visé par des sanctions et impliqué dans le contournement illégal des sanctions par le Venezuela», a déclaré un responsable américain cité par Reuters. Et d’ajouter : «Il bat un faux pavillon et fait l’objet d’une ordonnance de saisie judiciaire.» Pour l’heure, ni Washington ni Caracas n’ont réagi à la situation concernant ce troisième pétrolier.

«Les Etats-Unis continueront de traquer le flux illégal de pétrole sous sanctions qui sert à financer le narcoterrorisme dans la région», a indiqué ce dimanche matin la ministre de la Sécurité intérieure américaine, Kristi Noem, dans une publication sur X annonçant l’interception opérée samedi avant l’aube par les garde-côtes américains et avec le soutien du Pentagone.

«Le Venezuela dénonce et rejette catégoriquement le vol et l’enlèvement d’un nouveau navire privé transportant du pétrole vénézuélien, ainsi que la disparition forcée de son équipage, actes commis par des militaires des Etats-Unis», a tonné Caracas dans un communiqué.

«Le pétrolier contient du pétrole de la PDSVA [la compagnie pétrolière publique vénézuélienne] sous sanctions», a justifié sur X une porte-parole de la Maison Blanche, Anna Kelly, au sujet du bateau intercepté samedi 20 décembre.

D’après elle, le navire vogue sous «un faux pavillon et fait partie de la flotte fantôme vénézuélienne pour du trafic de pétrole volé et financer le régime narcoterroriste de Maduro».

Le nom du bateau, le Centuries, fourni par le ministère de l’Intérieur, n’apparaît toutefois pas sur la liste des personnes morales ou physiques sous sanctions du Trésor américain examinée par l’AFP. Selon le site TankerTrackers, le navire bat pavillon panaméen et a chargé 1,8 million de barils de brut dans un port vénézuélien pour le compte d’une société chinoise.

«Piraterie navale»

En début de semaine, Donald Trump a annoncé un «blocus total» contre des pétroliers sous sanctions se rendant ou partant du Venezuela. Pour justifier une telle décision, le président américain affirme que le Venezuela se sert de l’or noir pour financer «le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements». Il a même déclaré vendredi qu’il n’excluait pas une guerre avec le pays d’Amérique du Sud.

Cette semaine encore, Trump a assuré que le Venezuela avait volé du pétrole et des terres appartenant aux Etats-Unis, sans étayer cette accusation, tout comme il ne prouve aucun de ses dires pour justifier son offensive envers le Venezuela, entamée cet été avec des bombardements sur des embarcations en provenance du pays.

Depuis le début des interventions américaines, Caracas dément toute implication dans le trafic de drogue et assure que Washington cherche à renverser le président socialiste Nicolás Maduro pour s’emparer des réserves pétrolières du pays. Soumis à un embargo américain depuis 2019, le pétrole vénézuélien est écoulé à des prix inférieurs aux prix du marché, à destination notamment de la Chine.

L’armée américaine avait déjà saisi le 10 décembre un premier pétrolier au large du Venezuela, ce que Maduro avait qualifié de «piraterie navale». «Ces actes ne resteront pas impunis», a averti Caracas samedi, promettant une «dénonciation devant le Conseil de sécurité des Nations Unies». La légalité des opérations américaines est d’ores et déjà mise en doute par des experts, ONG et responsables des Nations unies.

Mise à jour à 18 h 39 avec la traque d’un troisième pétrolier.

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