
«Maintenant, nous avons plus de pouvoir» : en Bolivie, une région autonome indigène protège son territoire
Il n’est même pas midi et San Lorenzo rôtit. Trois vaches s’avancent lentement sur une piste de terre, presque sableuse, de ce village du sud de la Bolivie, avant de s’installer sous les branches fleuries d’un caroubier blanc, que l’on appelle ici cupesi, pour échapper à la chape de plomb. En cette fin de matinée de fin septembre, alors que le mercure atteint déjà 36°C, l’ombre du grand arbre est une invitation au repos.
«A vivre ici, on s’y habitue, même si ce n’est jamais agréable de se mettre en tenue d’apiculteur sous cette chaleur», glisse Rosa Miguelina Camacho, en prenant le chemin de ses ruches. Au loin se dessine la cordillère del Aguaragüe, contrefort oriental des Andes. La brousse sèche qui entoure les ruches et la maison de Rosa ne trompe pas : ici commence le Gran Chaco, une écorégion de plus d’un million de kilomètres carrés qui s’étend entre la Bolivie, le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.
«La première fois qu’on a dû faire la récolte de miel avec mon mari, il y a huit ans, on ne savait pas faire donc on s’est tous fait piquer», se rappelle l’apicultrice en riant. Comme quelques dizaines d’habitants de la région, Rosa s’est lancée quand les autorités locales lui ont fourni quelques ruches avec une idée simple : trouver un équilibre entre conservation de l’environn