Un revers pour le président des Etats-Unis. Un juge américain a temporairement bloqué ce jeudi la procédure de sanctions enclenchée par le département de la Défense à l’encontre d’un sénateur démocrate. Mark Kelly, élu de l’Arizona, avait provoqué l’ire de Donald Trump en suggérant, dans une vidéo publiée en novembre, aux militaires et agents du renseignement de «refuser les ordres illégaux».
Il s’agit d’un nouvel échec dans ce dossier pour le président américain, qui avait qualifié de «séditieuse» et «passible de la peine de mort» cette vidéo de plusieurs parlementaires dont cet ancien astronaute de la Nasa. Un grand jury fédéral avait déjà rejeté cette semaine des demandes d’inculpation visant les parlementaires.
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Concernant Mark Kelly, qui est également un ancien pilote de la marine américaine, le juge Richard Leon a motivé sa décision en écrivant que le gouvernement américain avait «bafoué les libertés de Mark Kelly garanties par le Premier amendement» de la Constitution, qui protège notamment la liberté d’expression, et menacé celles «de millions de retraités de l’institution militaire». L‘ancien pilote de chasse dans l’US Navy s’oppose notamment à une procédure administrative lancée par le Pentagone en vue de rétrograder son rang de capitaine et, par la même occasion, sa pension de retraite.
Cette administration «ne peut pas continuer à bafouer les droits des Américains»
Selon le magistrat, la requête de Mark Kelly a de grandes chances d’être reçue sur le fond. Le juge a «clairement établi que Pete Hegseth [le ministre américain de la Défense, ndlr] a violé la Constitution en essayant de me punir pour des propos que j’ai tenus», s’est félicité jeudi sur X Mark Kelly. «C’est un moment crucial pour montrer à cette administration qu’elle ne peut pas continuer à bafouer les droits des Américains», a-t-il ajouté.
Dans la foulée, Pete Hegseth a annoncé vouloir fait appel «immédiatement» de cette décision.
Dans la vidéo pointée du doigt par Trump, plusieurs parlementaires démocrates avaient lancé à l’intention des militaires et des agents du renseignement : «Vous pouvez refuser les ordres illégaux». «Aujourd’hui, les menaces contre notre Constitution ne viennent pas seulement de l’étranger, mais aussi d’ici, chez nous», dénonçaient-ils.
Les élus n’avaient pas cité explicitement des ordres particuliers, mais la vidéo avait été publiée au moment de fortes critiques à l’encontre de l’administration Trump sur la légalité des frappes américaines dans les Caraïbes et le Pacifique contre des embarcations accusées de participer au narcotrafic.




