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Acharnement

Minneapolis : l’administration Trump déterminée à accélérer l’expulsion du petit Liam Conejo Ramos et de sa famille

Le jeune Equatorien de cinq ans, dont les images de l’arrestation ont fait le tour du monde, pourrait faire l’objet d’une expulsion dans les prochains jours, craint son avocate.

Liam Conejo lors de son retour au Minnesota, le 1er février (Joaquin Castro/Social media. REUTERS)
Publié aujourd'hui à 14h01

Après l’émotion, le retour à la froideur de la procédure. Quelques jours après son retour à Minneapolis, lieu symbole des politiques de harcèlement des populations immigrées, dimanche 1er février, Liam Conejo Ramos, le jeune Equatorien de cinq ans au sac à dos Spider-Man dont les images de l’arrestation par ICE ont circulé partout dans le monde, est de nouveau au centre des tentatives d’expulsion de l’administration américaine, tout comme son père.

La défense dénonce des «représailles»

L’administration Trump souhaite en effet éviter que la famille puisse se défendre au cours d’une audience complète sur le sujet de la légalité de leur présence aux Etats-Unis, rapportent les médias américains, dont le New York Times. Une audience complète interdirait aux autorités fédérales de procéder à l’expulsion du garçonnet et de son père aux autorités fédérales de procéder à leur expulsion.

Ce vendredi, rapporte le quotidien new yorkais, l’avocate de la famille Danielle Molliver a plaidé lors d’une audience qui n’a pas permis de trancher sur la question de la légalité du séjour de Liam et de son père. Si la défense assure que la famille est arrivée légalement aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme humanitaire en décembre 2024, le département de la Sécurité intérieure ne l’entend pas de cette oreille.

S’adressant à la presse, Danielle Molliver a d’abord rassuré en annonçant que le petit Liam et son père n’étaient «pas expulsés aujourd’hui». Mais elle a vu dans la motion des avocats de l’administration pour expédier l’audience complète un geste de «représailles» de la part du gouvernement américain, après la libération de ces deux personnes. Et une source d’inquiétude : «Ils avancent très vite. Leur expulsion pourrait avoir lieu en l’espace de quelques semaines.»

«Ce jeune garçon a vécu l’enfer»

«Ils devraient laisser Liam tranquille», s’est ému l’élu local démocrate Joaquin Castro, qui a accompagné le garçonnet et son père du Texas jusqu’à Minneapolis, devant la presse vendredi. «Ce jeune garçon a vécu l’enfer, et l’administration Trump continue de s’acharner sur lui.» La photo du garçon lors de son arrestation à son retour de l’école, où il apparaît la mine apeurée, coiffé d’un bonnet bleu orné de deux oreilles de lapin et portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir, a ému aux Etats-Unis et au-delà.

Citée par le New York Times, la porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security), a affirmé que la famille bénéficierait d’une procédure régulière complète, malgré la motion récente. «C’est une procédure standard, et il n’y a aucune notion de représailles dans l’application des lois nationales sur l’immigration.» L’administration trumpienne a pris l’habitude d’accélérer les expulsion visant particulièrement les demandeurs d’asile, arguant que ces derniers pouvaient solliciter un accueil dans dans pays tiers, parmi lesquels le Honduras ou l’Ouganda.

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