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Minnesota : après la mort de Renee Nicole Good, une juge impose des restrictions à la police de l’immigration

Dix jours après l’homicide de la poétesse des mains d’un homme de la controversée ICE, le pouvoir judiciaire a pris des dispositions pour en réduire le pouvoir dans les rues de l’Etat du nord des Etats-Unis.

Des agents de l'ICE, à Minneapolis, le 8 janvier. (Brian Snyder/REUTERS)
Publié le 17/01/2026 à 9h04

Fin du spray au poivre et limitations de l’arbitraire dans les capacités d’interpellation ou de détention. Dix jours après la mort de Rene Nicole Good, mère de trois enfants de 37 ans tuée au volant de sa voiture dans les rues de Minneapolis, une juge fédérale américaine a imposé vendredi 16 janvier des restrictions à la police de l’immigration dans l’Etat du Minnesota. Kate Menendez interdit ainsi aux agents de l’ICE par exemple d’interpeller ou de détenir des manifestants qui «ne font pas obstruction» à leur action. Une réglementation à laquelle le ministère de la Sécurité intérieure a 72 heures pour se conformer.

L’ICE, toujours aussi clivante

Cette décision intervient dans un contexte toujours plus tendu et clivant sur l’accueil des actions virulentes de cette police, déployée sur ordre de Donald Trump dans plusieurs grandes villes américaines, majoritairement démocrates, pour y poursuivre les immigrés en situation illégale. Là où une majorité écrasante des démocrates (94%) se montre critique de l’action d’ICE, c’est aussi le cas de deux indépendants sur trois. Mais côté républicain, le parti de Trump, le soutien demeure lui aussi écrasant, à 84%. Au global, selon ce sondage de l’institut Quinnipiac, 57% des électeurs condamnent ces méthodes.

Politiquement, la situation est également inflammable : Tim Waltz et Jacob Frey, gouverneur du Minnesota et maire de Minneapolis, font l’objet de poursuites du ministère de la Justice, comme d’autres responsables démocrates locaux, pour entrave à l’enquête. Ils contestent les impressions partagées par l’administration Trump, selon lesquelles les agents de l’ICE auraient fait feu sur Renee Good en état de légitime défense. Et demandent l’ouverture d’une enquête indépendante, craignant que les investigations du FBI ne soient biaisées. L’expression de ces inquiétudes, fondées sur l’analyse des vidéos des faits, leur vaut une enquête pour entrave.

Les menaces de Trump

«Détourner le système judiciaire contre ses opposants est une stratégie autoritaire», a réagi vendredi Tim Walz sur X, tandis que Jacob Frey a critiqué «une tentative d’intimidation évidente» sur le même réseau social.

Les tensions s’observent aussi dans la rue. Des centaines de policiers ont depuis rejoint les quelque 2 000 policiers déjà déployés dans le Minnesota. Et un ressortissant vénézuélien a été blessé par un nouveau tir policier mercredi. Les opérations, auxquelles tentent toujours de s’opposer des civils, se poursuivaient sous la neige vendredi, selon des photos de l’AFP.

Dans ce contexte, Donald Trump souffle, comme à son habitude, le chaud et le froid. Après avoir menacé, jeudi, d’activer l’Inserruction Act, forme d’état d’urgence où l’Etat fédéral s’autorise à envoyer l’armée n’importe où sur le territoire américain à des fins de maintien de l’ordre, il est finalement revenu sur ses intentions : «Si j’en avais besoin (de l’Insurrection Act, NDLR), je l’utiliserais. Je pense qu’il n’y a pas de raison pour le moment de le faire», a-t-il déclaré face à la presse à la Maison Blanche vendredi.

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