O.J. Simpson vient de mourir d’un cancer, dans son lit, mercredi, et difficile de dire où elle commence, son histoire. Peut-être avec une Ford Branco blanche lancée à toute berzingue, le 17 juin 1994, à Los Angeles, des dizaines de voitures de police collées à ses jantes. Ces images d’archives tremblotantes, cadrées de loin, on dirait un film d’action, ou bien un western. Desperado en fuite, le shérif et les adjoints à ses trousses. Ou alors, et ça serait justice pour les victimes, elle commence le 12 juin de la même année, quand Nicole Brown, son ancienne épouse, est assassinée avec son ami Ron Goldman. A l’époque, on ne disait pas encore féminicide. Au bout de la course-poursuite, Simpson sort de la voiture, il se rend, on pense à un autre noir poursuivi, Rodney King, dans la même ville, trois ans plus tôt, roué de coups par cinq policiers. Le sort réservé à O.J. Simpson est moins violent, il est arrêté, certes, pas tabassé.
Apôtre de l’individualisme
Mais peut-être que cette histoire, elle commence encore plus tôt, en 1947, l’année de la naissance de Simpson. Le 15 avril, Jackie Robinson, joueur de base-ball afro-américain, est le premier à entrer sur le terrain au sein d’une équipe blanche, les Dodgers. C’est une date majeure dans le combat pour l’égalité. Robinson est le premier sportif noir à bénéficier d’une telle reconnaissance, un modèle à suivre. Un pas déterminant pour d’autres