Deux jours après une opération similaire qui avait fait huit morts, les Etats-Unis ont mené mercredi 17 décembre au soir une nouvelle frappe visant un bateau selon eux lié au trafic de drogue dans l’est du Pacifique, tuant «quatre narco-terroristes», a annoncé l’armée américaine. «Les services de renseignement ont confirmé que le navire transitait le long d’une route connue pour le narcotrafic dans l’est du Pacifique et qu’il était impliqué dans des opérations de trafic de drogue», a affirmé sur X le Southcom, le commandement américain pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Cette opération qui a été réalisée dans «les eaux internationales», a-t-il précisé.
Depuis début septembre, les Etats-Unis lancent des frappes contre des navires accusés de narcotrafic dans les Caraïbes ou l’est du Pacifique, tuant au moins 99 personnes, sans fournir de preuves que ces embarcations soient impliquées dans le trafic de drogue. Des experts et l’ONU ont remis en question la légalité des opérations, qualifiées par certains «d’assassinats extra-judiciaires».
On Dec. 17, at the direction of @SecWar Pete Hegseth, Joint Task Force Southern Spear conducted a lethal kinetic strike on a vessel operated by a Designated Terrorist Organizations in international waters. Intelligence confirmed that the vessel was transiting along a known… pic.twitter.com/Yhu3LSOyea
— U.S. Southern Command (@Southcom) December 18, 2025
Le gouvernement de Donald Trump accuse notamment le président vénézuélien Nicolas Maduro, sa bête noire, d’être à la tête d’un réseau de trafic de drogue, ce que l’intéressé dément. Le déploiement américain dans la région «ne fera que s’accroître, et le choc qu’ils subiront sera sans précédent», a encore récemment averti le président américain, qui maintient le flou sur une possible intervention terrestre au Venezuela.
Récit
En parallèle, les Etats-Unis ont annoncé mercredi l’envoi de troupes en Equateur, principal port de départ de la cocaïne produite dans la région, pour ce qui est présenté comme une «opération temporaire» contre le narcotrafic.
L’ambassade américaine à Quito a salué l’arrivée mercredi de personnels de l’armée de l’air américaine «pour une opération temporaire avec l’armée de l’air équatorienne à Manta», sur la côte Pacifique (sud-ouest), sans préciser le nombre de militaires concernés ni la durée de leur présence. Sans indiquer de date, le ministère équatorien de la Défense a affirmé que des avions américains transportant «du matériel de nature militaire» étaient arrivés il y a quelques jours.
«L’opération renforcera la capacité des forces militaires équatoriennes à lutter contre les narco-terroristes, notamment en améliorant la collecte d’informations et les capacités de lutte contre le narcotrafic, et elle est pensée pour protéger les Etats-Unis et l’Equateur face aux menaces que nous partageons», a affirmé l’ambassade.
«Soumettre ceux qui pensaient pouvoir s’emparer du pays»
Le président équatorien de droite Daniel Noboa, l’un des alliés de Trump en Amérique latine, a déclaré que l’opération conjointe «permettra d’identifier et de démanteler les routes du trafic de drogue, et de soumettre ceux qui pensaient pouvoir s’emparer du pays».
En novembre, le président équatorien Daniel Noboa a vu son référendum sur le retour de bases militaires étrangères dans son pays rejeté. L’armée de l’air américaine a eu, pendant une décennie jusqu’en 2009, une base militaire à Manta.
Les ports de Guayaquil et de Manta sont devenus des points de sortie prépondérants de la cocaïne produite dans les pays voisins, la Colombie et le Pérou, premiers producteurs mondiaux, transformant le pays, autrefois havre de paix, en théâtre de guerre entre gangs.




