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Etats-Unis

Nicki Minaj se rallie à Donald Trump, ses admirateurs jettent ses disques à poubelle

Le rapprochement progressif de l’auto-proclamée «reine du rap» américaine avec le milliardaire républicain et la sphère MAGA a été parachevé ce mercredi lors d’un gala à Washington, où elle s’est dite «probablement la première fan du président».

Nicki Minaj et Donald Trump à Washington ce mercredi 28 janvier 2026. ( Win McNamee/Getty Images via AFP)
Publié le 28/01/2026 à 21h41

Disques cassés, vinyles bazardés et commentaires enflammés… Le ralliement depuis quelques semaines de la rappeuse Nicki Minaj à Donald Trump, encore célébré en grande pompe lors d’un événement à Washington ce mercredi 28 janvier, lui vaut la colère d’une partie de ses fans.

Sur les réseaux sociaux et des forums internet, elle est notamment accusée d’avoir trahi la communauté LGBT +, l’une des cibles récurrentes de Trump, pour se faire de la publicité ou s’attirer des faveurs politiques. «Nicki Minaj a été problématique plus d’une fois, mais son soutien direct à Trump, en trahissant la communauté qui l’a soutenue, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase», écrit sur TikTok le compte @vesselofmusic, collectionneur de disques, avec une vidéo où il retire de sa volumineuse discothèque les 33 tours de l’artiste. Nouvelle destination des albums : la poubelle.

@vesselsofmusic Nicki Minaj has been extremely problematic many times before but directly turning on the community that uplifted you by endorsing Trump was the last straw #nickiminaj #trash #vinylrecords #vinylcollection #vinyltok ♬ original sound - Hey Bud Skincare

La star de la musique devenue fervente partisane du milliardaire républicain a assuré ce mercredi être «probablement la première fan du président» américain, «et ça ne va pas changer». A des milliers de kilomètres de Minneapolis aux prises avec l’ICE, Donald Trump a invité l’artiste à le rejoindre sur scène pendant un événement à Washington consacré au lancement de «comptes Trump» pour les enfants américains, auxquels Nicki Minaj a promis de contribuer de manière privée. «La haine ou ce que les gens disent cela ne me touche pas du tout. En fait cela m’incite à le soutenir encore plus», a-t-elle ajouté, dans les vidéos que la Maison Blanche a bien pris soin de diffuser sur ses réseaux.

Le président américain a ensuite pris la main de la rappeuse pendant qu’un autre intervenant parlait. Trump a aussi dit vouloir «se laisser pousser les ongles» pour imiter Nicki Minaj, adepte de manucures extravagantes.

«Reine du rap» auto-proclamée, admirée pour sa capacité à naviguer entre les registres, du plus grossier au plus mélodique, ainsi que pour son débit ultra-maîtrisé, Nicki Minaj a des records de ventes à son actif.

L’interprète de Starships et Anaconda s’est ralliée sans réserves au mouvement MAGA (Make America Great Again, «Rendre sa grandeur à l’Amérique») du président américain depuis quelques mois.

C’est en novembre 2025 que l’artiste a rejoint véritablement, ou au moins publiquement, le camp Trump. Le 18 novembre, elle a fait une apparition surprise à l’ONU pour déclarer que «les chrétiens sont pris pour cible» au Nigeria, une accusation martelée par Donald Trump mais rejetée à la fois par les autorités du pays, des observateurs et des chercheurs.

«Ce gouvernement est rempli de gens qui ont du cœur»

En novembre toujours, quand la Maison Blanche a utilisé l’un de ses titres (Va va voom) pour vanter son bilan sur TikTok, Nicki Minaj a partagé le montage. D’autres stars, comme les chanteuses Sabrina Carpenter ou SZA, ont au contraire dénoncé l’usage fait de leur musique par l’administration Trump.

Fin décembre, Nicki Minaj avait fait figure de tête d’affiche à l’AmericaFest, rassemblement annuel de la jeunesse ultraconservatrice, à Phoenix (Arizona). «J’ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour notre président», avait-elle déclaré à Erika Kirk, veuve de l’influenceur ultra-conservateur Charlie Kirk. «Ce gouvernement est rempli de gens qui ont du cœur», avait encore dit la rappeuse.

En 2018 l’artiste, née à Trinité-et-Tobago (Caraïbes), déplorait pourtant sur Instagram la brutalité de la politique anti-immigration du président républicain, alors dans son premier mandat. Ce qui n’a fait qu’empirer depuis. Nikki Minaj avait par ailleurs été en 2020 jurée d’une compétition de drag queens, aux antipodes des valeurs trumpistes.

Nicki Minaj n’est pas la seule figure de la scène rap américaine, foisonnante et certainement pas monolithique d’un point de vue politique, à avoir rejoint le courant trumpiste.

Le rappeur Lil Wayne avait par exemple apporté publiquement son soutien au républicain en octobre 2020, posant pour une photo avec lui juste avant la présidentielle. Quelques mois plus tard, Donald Trump avait mis l’artiste, qui risquait alors jusqu’à dix ans de prison dans une affaire de possession d’armes à feu, sur la liste de ses toutes dernières grâces présidentielles.

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