Ils sont là, sur leur chaise plantée au milieu de ce qui reste de leur maison. Un sol en béton, des reliques de murs, un grillage parfois. Des foyers désormais exposés à la vue de tous sous une fine pluie de cendres. Plus rien ne peut être sauvé. Il faut rester pourtant, manger un semblant de déjeuner sur la table en plastique avec la vue sur le Pacifique. «Cela va être dur d’aller de l’avant, dit José Luis Muñoz, chauffeur de bus de 45 ans. En un clin d’œil, a été détruit ce qu’on a mis des années à construire. Mais l’important, c’est que l’on soit en vie.»
Ils sont des centaines à hanter les décombres de la colline de Lirquén, ville côtière de 20 000 habitants à 500 kilomètres au sud de Santiago. Certains ont la face noire de suie. Ils montent et descendent avec pelles, brouettes et pioches, déblaient les restes de tôle froissée dans un concert métallique ininterrompu. Le feu n’a pas fait grand cas des hauteurs de Lirquén. La localité a été détruite à 80 %. Porté par un vent puissant, il a englouti dans la nuit de samedi 17 au dimanche 18 janvier l’exploitation d’eucalyptus, un arbre qui accélère la propagation des flammes. Puis avalé les poblaciones, ces quartiers populaires aux toits de tôles qui forment un amphithéâtre surplombant le centre-ville.
40 000 hectares consumés
Dix-huit personnes sont mortes ici sur les vingt décès dénombrés dans les feux de forêt qui ravagent une partie de la région centre-sud du Chili depuis samedi. Plus de 800 habitations ont été détruites et 40




