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Violences

«Nous sommes forts dans le Minnesota» : agressée avec un liquide en public, la démocrate Ilhan Omar vante la «résilience» de son Etat

L’élue au Congrès d’origine somalienne, cible d’insultes de Trump en décembre, a été agressée mardi 27 janvier pendant un meeting à Minneapolis alors qu’elle venait d’appeler à la démission de la secrétaire à la Sécurité intérieure.

Un homme est maîtrisé après avoir aspergé une substance inconnue sur la représentante américaine Ilhan Omar à Minneapolis, dans le Minnesota, le 27 janvier 2026. (Octavio Jones/AFP)
Publié le 28/01/2026 à 13h50

Juste avant l’incident, Ilhan Omar a reproché à Trump de transformer Minneapolis en «zone de guerre». Figure de la gauche américaine, l’élue démocrate a gardé son flegme mardi 27 janvier au soir quand un individu s’est précipité sur elle pour l’agresser pendant un meeting dans le Minnesota, alors qu’elle venait d’appeler à la démission de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Ilhan Omar s’exprimait à un pupitre, dans une petite salle, quand un homme venu du public s’est précipité sur elle, l’aspergeant d’une substance nauséabonde non-identifiée et parvenant à poser sa main sur elle avant d’être maîtrisé.

Cible constante d’attaques du président Trump, l’élue d’origine somalienne, représentante du Minnesota au Congrès, n’a pas été blessée lors de cette agression, selon la police. Cet incident est survenu dans un contexte tendu dans cet Etat démocrate ciblé par une campagne massive d’arrestations de la part des policiers fédéraux de l’immigration (ICE). A Minneapolis, deux citoyens américains ont été abattus en plein jour en l’espace de quelques semaines seulement.

Peu avant l’agression, les électeurs avaient fait part à l’élue de problèmes aussi divers que la collecte des ordures, les difficultés des quartiers nord de Minneapolis ou l’opération anti-immigration en cours. C’est au moment où elle a appelé à la démission de Kristi Noem – qui a qualifié de «terroristes» Renee Good et Alex Pretti, les deux victimes de la police anti-immigration à Minneapolis –, que l’agresseur s’est levé d’un bond. L’homme a alors eu le temps de vider une seringue en sa direction puis de toucher l’élue.

Les spectateurs stupéfaits ont poussé des cris et ont reculé. Deux hommes ont maîtrisé l’agresseur qui a été vigoureusement emmené hors de la salle sous les cris de «nazis dehors» de l’assistance. L’homme a été interpellé et la police a dit avoir ouvert une enquête.

«Petit agitateur»

«Ne les laissez pas voler la vedette», a lancé Omar qui, une fois son agresseur maîtrisé, a continué à s’exprimer comme si de rien était, demandant au public de se calmer. «Voici la réalité que les gens comme cet homme horrible ne comprennent pas : nous sommes forts dans le Minnesota et nous resterons résilients face à tout ce qu’ils pourraient nous faire subir», a-t-elle ajouté sous les vivats.

Cet incident soulève des questions quant aux mesures de sécurité mises en place pour le rassemblement, dans un pays marqué par plusieurs actes de violence politique ces derniers mois, dont l’assassinat de la figure de la droite Charlie Kirk. Le service d’ordre a contrôlé les membres du public à l’entrée du meeting, mais pas les journalistes.

Selon la police, le suspect, Anthony Kazmierczak, est âgé de 55 ans et a été arrêté pour coups et blessures. «Je vais bien, a écrit sur le réseau social X Ilhan Omar après son agression. Je suis une survivante, donc ce petit agitateur ne va pas m’intimider et m’empêcher de faire mon travail.»

Début décembre, le Président avait insulté les quelque 80 000 membres de la communauté somalienne vivant dans le Minnesota. «Leur pays pue, nous ne voulons pas d’eux dans le nôtre», déclarait Trump, ciblant personnellement Ilhan Omar : «C’est une ordure, ses amis sont des ordures.»

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