Il aura fallu près de 140 ans pour percer le mystère du navire FJ King. Celui que l’on surnomme le «navire fantôme» est l’une des épaves les plus recherchées du lac Michigan. Mais des chercheurs de la Wisconsin Underwater Archeology Association (WUAA) ont affirmé mercredi 17 septembre avoir mis la main sur le navire historique, rapporte un article de CNN Science. Et c’est une nouvelle qui remue l’univers des chasseurs d’épaves. «Nous voulions vraiment résoudre ce mystère, et nous ne nous y attendions pas», décrit incrédule auprès de CNN l’historien maritime Brendon Baillod, chercheur principal et chef de projet de la découverte.
La WUAA explique dans son communiqué que les chercheurs considéraient vraiment cette découverte comme une hypothèse improbable. Au point que lorsque les équipes ont envoyé des véhicules télécommandés sonder le lac le 28 juin 2025, elles se concentraient essentiellement sur l’apprentissage de l’utilisation de ces nouvelles technologies.
Une disparition mystérieuse
Construit en 1867, le FJ King arpentait les eaux des Grands Lacs américains pour le transport des céréales et du minerai de fer. Le bateau, une goélette en bois à trois mâts de 44 mètres de long, était destiné au commerce entre les villes situées sur les rives du lac Michigan, autour des chutes du Niagara. Mais le 15 septembre 1886, après dix-neuf années de loyaux services maritimes, le navire est pris dans un coup de vent du sud-est, au large de la péninsule de Door. C’est à 2 heures du matin, dans l’obscurité la plus totale, qu’il coule, l’avant en premier, tandis que ses hommes sont secourus.
Une telle disparition n’est pas marginale. Les Grands Lacs représentent en effet les étendues d’eau où l’on recense le plus grand nombre d’épaves au monde, précise le Washington Times. Une météo capricieuse et un trafic maritime particulièrement intense au XIXe siècle justifient le phénomène.
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Au fil des années, le navire a fait l’objet d’innombrables recherches. Les pêcheurs de la région affirmaient avoir remonté des morceaux dans leurs filets, le gardien du phare assurait avoir vu ses mâts émerger à la surface… Mais lorsque les chercheurs ratissaient la zone, rien. Le néant. De quoi ériger ce navire fantôme en véritable légende locale. Le club de plongée Neptune’s, basé à Green Bay, avait même promis d’offrir une récompense de 1 000 dollars pour sa découverte.
«On a dû se pincer»
Le navire «semblait s’être évaporé dans la nature», souligne Brendon Baillod. «Après toutes ces recherches, on n’arrivait pas à croire qu’on l’avait trouvé, et si vite», se réjouit le chef de projet de la découverte. Si vite ? Il aura en effet fallu seulement deux passages des véhicules de recherche pour qu’un «gros objet» défile lentement sur l’écran des chercheurs. «On a dû se pincer», s’émerveille encore l’historien maritime. Mais la découverte de la WUAA, bien que chanceuse, est loin d’être fortuite. Brendon Baillod a en effet accompli un immense travail de fond pour en arriver là. Pendant des années, il a compilé des centaines de documents sur le navire et sa disparition, le tout en correspondant avec les précédents chercheurs qui s’y sont cassé les dents – et forcément défaitistes quant à une possible résolution du mystère. N’en déplaise aux scientifiques amers, la découverte a eu lieu et a été signalée au programme d’archéologie maritime de la Société historique du Wisconsin. Son inscription au Registre national des lieux historiques est prévue.




