Benjamin Haddad, directeur Europe du think-tank Atlantic Council à Washington et auteur de Paradis perdu : l’Amérique de Trump et la fin des illusions européennes (Grasset, 2019), évoque pour Libération les débuts de la diplomatie de la présidence de Joe Biden.
Que pensez-vous des premiers pas de la diplomatie du 46e président des Etats-Unis ?
Il est évident que Joe Biden et son administration vont s’investir dans la restauration des alliances traditionnelles, que ce soit avec l’Union européenne ou avec l’Otan. Mais ils devront également agir en fonction des attentes domestiques. On va voir une Amérique avide de reprendre l’initiative sur les grands sujets, comme la lutte contre le réchauffement climatique. «America is back», a dit Biden.
Mais il faut rester prudent. Son équipe est très expérimentée, connue, y compris en Europe, puisque nombre de ses membres ont travaillé pour l’administration Obama. Et leur vision sur la politique étrangère est plutôt traditionnelle vis-à-vis de l’alliance atlantique. Elle s’articule autour d’une Europe qui s’aligne sur la ligne de l’action américaine. Mais on a entendu aussi des appels à u




