Le glissement sémantique est léger, mais il en dit long sur l’agacement croissant des Etats-Unis envers leur allié israélien et sa conduite de la guerre à Gaza. En (énième) visite au Proche-Orient, mercredi 20 mars en Arabie Saoudite, ce jeudi en Egypte et vendredi en Israël, toujours dans l’objectif de conclure une trêve qui se défile depuis des semaines, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a évoqué publiquement les négociations à l’ONU en vue de l’adoption d’une résolution pour un «cessez-le-feu immédiat» dans l’enclave palestinienne.
Que Washington plaide pour un «cessez-le-feu» immédiat à Gaza n’est pas nouveau. Après s’y être longtemps refusée, retranchée derrière le droit d’Israël à se défendre et préférant plaider pour des «pauses humanitaires», l’administration Biden a récemment changé de rhétorique, notamment sous la pression visible et bruyante de la gauche américaine dans toute sa diversité (communautés musulmanes et noires, jeunes et juifs progressistes), révoltée par l’enfer humanitaire à Gaza et bien décidée à se faire entendre en cette année électorale. «Compte tenu de l’ampleur des souffrances, un cessez-le-feu immédiat s’impose», déclarait ainsi le 3 mars la vice-présidente américaine, Kamala Harris.
Reportage
Le projet de résolution p




