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Pression

«Plus d’argent ni de pétrole» : Trump menace Cuba et suggère Marco Rubio comme prochain dirigeant de l’île

Le président américain a exhorté les autorités cubaines à conclure un accord avec les Etats-Unis «avant qu’il ne soit trop tard», sous peine de coupe des aides financières et pétrolières vénézuéliennes. Le président de Cuba a vivement répondu.

Donald Trump montrant un pin's de lui-même à Washington le 9 janvier 2026. (Saul Loeb/AFP)
Publié le 11/01/2026 à 15h00

C’est l’une des cibles qui clignotent sur les radars trumpistes après le Venezuela. Le président américain Donald Trump a «vivement recommandé» ce dimanche 11 janvier à Cuba de conclure un accord avec Washington «avant qu’il ne soit trop tard». Si ce n’est pas le cas, «il n’y aura plus de pétrole ni d’argent pour Cuba», a menacé le président américain dans un message publié sur sa plateforme Truth Social.

Le Venezuela est le premier fournisseur de pétrole de Cuba, mais depuis la capture du président Nicolas Maduro par les forces américaines, Trump a réussi à faire pression sur la nouvelle présidente par intérim Delcy Rodriguez pour qu’elle stoppe l’envoi du pétrole vénézuélien à Cuba..

«Cuba a vécu pendant de nombreuses années grâce aux importantes quantités de pétrole et d’argent provenant du Venezuela», a souligné Donald Trump. «En échange, Cuba a fourni des ‘‘services de sécurité’’ aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais c’est fini , a-t-il ajouté. Une trentaine de membres des forces de sécurité cubaines, qui servaient dans sa protection rapprochée, sont morts lors de la capture de Nicolas Maduro la semaine dernière.

Les services de renseignement américains ont brossé un tableau sombre de la situation économique et politique de Cuba, même si leurs évaluations ne corroborent pas clairement la prédiction de Trump selon laquelle l’île est «prête à tomber», a rapporté samedi l’agence Reuters, citant trois personnes proches des évaluations confidentielles.

Dépendance au pétrole vénézuélien

Selon la CIA, les secteurs clés de l’économie cubaine, tels que l’agriculture et le tourisme, sont gravement affectés par les coupures d’électricité fréquentes ou encore les sanctions commerciales. La perte potentielle des importations de pétrole et d’autres aides du Venezuela, allié clé depuis des décennies, pourrait compliquer la tâche du gouvernement qui dirige Cuba depuis la révolution menée par Fidel Castro en 1959.

Entre janvier et novembre 2025, le Venezuela a envoyé en moyenne 27 000 barils par jour à l’île, couvrant environ 50 % du besoin pétrolier de Cuba, selon les données d’expédition et les documents de la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA.

Par ailleurs, Donald Trump a partagé ce dimanche un message sur les réseaux sociaux suggérant que le secrétaire d’État américain Marco Rubio, né de parents immigrés cubains, deviendrait le prochain dirigeant de Cuba.

Le président américain a republié sur sa plateforme Truth Social un message d’un utilisateur méconnu, publié le 8 janvier, qui disait : «Marco Rubio sera président de Cuba», accompagné d’un emoji pleurant de rire. Trump a accompagné la publication du commentaire «cela me paraît très bien

Cuba est «une nation libre, indépendante»

Ces nouvelles déclarations interventionnistes ont irrité le président cubain, Miguel Diaz-Canel : «Personne ne dicte quoi faire» à son pays, a-t-il martelé. Cuba est «une nation libre, indépendante», écrit-il dans un message publié sur X. «Cuba n’agresse pas, elle est agressée par les États-Unis depuis 66 ans, et elle ne menace pas, elle se prépare, prête à défendre la Patrie jusqu’à la dernière goutte de sang», a-t-il ajouté.

«Les Etats-Unis se comportent comme un criminel hégémonique et incontrôlable qui menace la paix et la sécurité, non seulement à Cuba et dans cet hémisphère mais aussi dans le monde entier», a quant à lui déploré le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, sur X.

Cuba est soumis depuis 1962 à un embargo imposé par les Etats-Unis en pleine Guerre froide et renforcé au fil des ans, mais Donald Trump a durci le ton ces derniers jours. A partir de 2000, le régime cubain a signé un accord de coopération avec le Venezuela du président Hugo Chavez (1999-2013), prévoyant un approvisionnement en pétrole contre l’envoi de médecins et d’enseignants.

Mise à jour à 17 h 12, avec l’ajout de la réponse du président cubain.
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