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Pourparlers sur la guerre en Ukraine : Washington propose des négociations directes Kyiv-Moscou, selon Zelensky

Des équipes ukrainienne et européenne ainsi qu’un envoyé spécial russe se sont rendus en Floride pour participer aux négociations menées par Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, et Jared Kushner, le gendre du président américain.

L’émissaire russe pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, lors d'un forum économique à Saint-Pétersbourg, le 20 juin 2025. (Dmitri Lovetsky/AP)
Publié le 20/12/2025 à 11h26, mis à jour le 21/12/2025 à 10h22

Les Etats-Unis ont proposé d’organiser les premières négociations en face-à-face entre l’Ukraine et la Russie depuis six mois, à Miami, où de nouvelles discussions en vue de mettre fin à la guerre doivent se dérouler, a assuré ce samedi 20 décembre Volodymyr Zelensky.

«Les Etats-Unis doivent dire clairement : s’il n’y a pas de voie diplomatique, alors il y aura une pression totale», a en outre lancé le président ukrainien devant la presse à Kyiv, citant la possibilité par exemple de fournir plus d’armes à l’Ukraine et d’étendre les sanctions à toute l’économie russe.

Vladimir «Poutine ne sent pas encore le genre de pression qui devrait être mise en œuvre», a-t-il poursuivi, jugeant que seuls les Américains étaient capables de persuader la Russie d’arrêter le conflit en Ukraine. «Je pense que les Etats-Unis et le président Trump ont cette force. Et je pense que nous ne devrions pas chercher d’alternatives aux Etats-Unis», a martelé Zelensky.

L’émissaire russe, Kirill Dmitriev, a dans le même temps annoncé qu’il se rendait en Floride, où des équipes ukrainienne et européenne se trouvent déjà pour participer aux pourparlers menés par Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, et Jared Kushner, le gendre du président américain.

Nouveau ballet diplomatique

Washington a «proposé un format, autant que je sache, Ukraine, Etats-Unis, Russie», a dit aux journalistes le président Zelensky, évoquant en outre une possible présence de représentants européens.

Le Kremlin a réagi ce dimanche, affirmant qu’une telle rencontre n’était «pas en préparation». «Pour l’instant, personne n’a parlé sérieusement de cette initiative, et elle n’est pas en cours de préparation, à ma connaissance», a déclaré à la presse le conseiller diplomatique de la présidence russe, Iouri Ouchakov, cité par des agences de presse russes.

Il «serait logique d’avoir une telle réunion en commun» avec ces derniers, «une fois que nous aurons pris connaissance des résultats potentiels des réunions qui ont déjà eu lieu», avait estimé la veille le chef de l’Etat ukrainien, qui s’est néanmoins par la suite dit «pas sûr» qu’une telle rencontre donnera de «nouveaux» résultats.

Il a par ailleurs averti que ce n’était pas au président russe de décider de l’organisation des élections en Ukraine. Vladimir Poutine avait suggéré la veille que la Russie pourrait cesser ses frappes en profondeur le jour où un scrutin aurait lieu.

Witkoff et Kushner ont quant à eux rencontré vendredi près de Miami le négociateur ukrainien, Roustem Oumerov, et des représentants de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne.

L’inclusion directe des Européens constitue une nouveauté par rapport aux précédentes réunions qui ont eu lieu ces dernières semaines entre Ukrainiens et Américains à Genève, Miami et Berlin.

Vendredi, alors que cette nouvelle série de discussions venait de débuter, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a promis qu’aucun accord ne serait imposé aux Ukrainiens. «Nous ne pouvons pas forcer l’Ukraine à conclure un accord. Nous ne pouvons pas forcer la Russie à conclure un accord. Il faut qu’elles [le] veuillent», a-t-il insisté.

Les pourparlers destinés à interrompre les combats, qui ont commencé il y a presque quatre ans, se sont accélérés ces dernières semaines. Volodymyr Zelensky a à cet égard mentionné des «progrès» dans les discussions entre Kyiv et Washington sur le plan proposé il y a plus d’un mois par les Etats-Unis. Ce texte initial, perçu comme étant largement favorable au Kremlin, a depuis été remanié à la suite de consultations avec les Ukrainiens.

Les détails de la nouvelle mouture ne sont pas connus mais, selon le président ukrainien, elle implique des concessions territoriales de la part de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.

Vendredi, Vladimir Poutine a affirmé que «la balle» était «dans le camp» de Kyiv et de ses alliés européens, la Russie ayant déjà accepté des «compromis» au cours de ses propres pourparlers avec les Américains. De plus en plus impatient, Donald Trump a quant à lui pressé l’Ukraine de «bouger rapidement».

Nouvelles frappes russes

Tandis que les tractations diplomatiques suivent leur cours, l’armée russe continue de frapper la ville d’Odessa et ses environs, dans le sud de l’Ukraine, provoquant ce samedi un important incendie dans le plus grand terminal d’huile végétale du pays, dont un employé a péri.

Les Russes ont intensifié leurs bombardements ces dernières semaines sur cette région bordée par la mer Noire, où des dizaines de milliers de personnes étaient toujours sans électricité. Et ce notamment en représailles à la multiplication des attaques ukrainiennes contre des pétroliers de la «flotte fantôme» russe.

«La Russie tente à nouveau de restreindre les accès de l’Ukraine à la mer et de bloquer nos régions côtières», a réagi Volodymyr Zelensky. Vendredi soir déjà, un missile balistique avait fait huit morts près d’Odessa. Moscou a de son côté affirmé ce samedi avoir pris deux villages dans les régions de Soumy (nord) et Donetsk (est).

L’Ukraine a quant à elle fait état de la destruction de deux avions de combat russes sur un aérodrome situé dans la péninsule de Crimée occupée.

Mise à jour à 10 h 21 avec la réaction de Moscou.

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