Le ballet est désormais bien minuté. Chaque publication des archives de Jeffrey Epstein s’accompagne désormais des excuses des personnalités prises la main dans le pot de confiture. A l’image des dernières personnalités - dont des Français - qui voient leur proximité avec le financier pédocriminel leur exploser au visage, le milliardaire Bill Gates s’est répandu en excuses, dans une interview à la télévision australienne : «Je regrette chaque minute que j’ai passée avec lui, je regrette et je m’en excuse», a-t-il dit, estimant «faire partie des nombreuses personnes qui regrettent l’avoir jamais rencontré».
Il faut dire que pour le fondateur de Microsoft, il y avait un sacré nuage à dissiper. Au milieu des trois millions de pages révélées par le département de la justice américain, figure un brouillon de mail où Epstein se targue entre autres d’avoir aidé «Bill» à se procurer des médicaments pour «remédier aux conséquences de relations sexuelles avec des filles russes».
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Interviewée sur la radiotélévision publique américaine NPR, Melinda French Gates, ex-épouse du milliardaire, n’a pas manqué la question sur ces dernières révélations. La relation du milliardaire avec le criminel sexuel avait d’ailleurs motivé leur divorce en 2021. «Ces questions sont pour ces gens et même pour mon ex-mari, ce sont eux qui doivent y répondre, pas moi», a-t-elle répondu aux journalistes. Elle se dit même «contente» de s’être «éloignée de toute cette boue»
«Accusations absurdes»
De son côté, Bill Gates nie en bloc. Les allégations contenues dans ce brouillon de mail seraient «des accusations absolument absurdes provenant d’un menteur patenté», a-t-il même dénoncé dans une interview à la chaîne australienne 9News. «Ce courrier électronique n’a jamais été envoyé et il était faux, donc je ne sais pas ce qu’il pensait en faire», a déclaré le milliardaire.
Mais il ne peut quand même pas aller jusqu’à démentir sa relation connue avec Jeffrey Epstein. Il dit regretter «chaque minute passée avec lui» et s’en «excuse». Le milliardaire affirme même ne l’avoir fréquenté que lors de dîners ; jamais il ne se serait rendu sur son île - où aurait été organisé un trafic pédocriminel - et n’aurait «rencontré des femmes» par son entremise. «Plus les informations sortiront, plus il apparaîtra que bien que cette période ait été une erreur, cela n’avait rien à voir avec ce type de comportement.»
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A ce stade, Bill Gates a effectivement un atout dans sa manche : la simple mention d’un nom dans le dossier Epstein ne suppose a priori aucun acte répréhensible de la personne concernée. Selon le numéro 2 du ministère américain de la Justice, Todd Blanche, les «plus de trois millions de pages» de documents publiées le 30 janvier ne contiennent pas d’élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires. Mais ces documents montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.




