Il ne laissera rien passer ? Après la cérémonie des Grammy Awards 2026 à Los Angeles, le président américain Donald Trump a menacé de poursuites judiciaires l’humoriste Trevor Noah, animateur de cette 68e édition de l’incontournable remise de prix du monde de la musique, où la politique migratoire du milliardaire républicain a été étrillée. Mais c’est pour une allusion que l’animateur a faite à l’affaire Epstein que le président américain l’a aujourd’hui dans le viseur.
Analyse
Après la victoire de Billie Eilish au Grammy de la chanson de l’année pour son titre Wildflower, Trevor Noah a effectivement évoqué l’implication de Trump dans l’affaire du criminel sexuel mort en 2019. «Félicitations, Billie Eilish. Waouh ! C’est le genre de Grammy que tous les artistes convoitent, presque autant que Trump convoite le Groenland. Ce qui est logique, car depuis la disparition d’Epstein, il lui faut une nouvelle île pour traîner avec Bill Clinton», a lancé l’animateur.
«Déclaration diffamatoire»
L’animateur Trevor Noah «a déclaré, À TORT à mon sujet, que Donald Trump et Bill Clinton avaient passé du temps sur l’île d’Epstein. FAUX !!!», a rétorqué le président sur son réseau Truth Social à peine la cérémonie terminée.
«Je ne peux pas parler pour Bill, mais je ne suis jamais allé sur l’île d’Epstein, ni même quelque part à proximité, et jusqu’à cette fausse et diffamatoire déclaration de ce soir, personne ne m’a jamais accusé d’y avoir été, même pas les médias qui diffusent de fausses affirmations», a affirmé Donald Trump.
«Noah, ce parfait raté, ferait mieux de se renseigner correctement, et vite. Il semble que je vais envoyer mes avocats poursuivre ce pauvre maître de cérémonie pathétique, sans talent et complètement idiot, et le poursuivre pour beaucoup d’argent», a-t-il menacé. «Prépare-toi Noah, je vais bien m’amuser avec toi !», a conclu le milliardaire républicain.
«4 500 documents» mentionnant Trump
Le 30 janvier, le ministère américain de la Justice a publié près de trois millions de pages de nouveaux documents venant alimenter le dossier du criminel sexuel, en vertu de l’«Epstein File Transparency Act» qui contraint le gouvernement à révéler ses connaissances sur l’affaire. «Les fichiers semblent contenir au moins 4 500 documents mentionnant Monsieur Trump», révèle le New York Times, notamment une liste établie par le FBI d’allégations d’agressions sexuelles liées au Président américain, provenant en majorité d’appels anonymes ou d’informations non vérifiées. Parmi tous les documents, aucun échange direct entre Trump et Epstein n’y figure, relève toutefois le quotidien américain.
Le législateur démocrate de Californie à l’origine de l’«Esptein File Transparency Act», Ro Khanna, a considéré sur NBC News dimanche 1er février que la dernière livraison de documents du ministère de la Justice était encore insuffisante. «Je pense que le parquet doit sérieusement envisager des poursuites», a-t-il par ailleurs déclaré concernant les hommes mentionnés dans le dossier.




